Cancer du sein triple négatif : ajouter l’atézolizumab avant l’opération améliore-t-il vraiment les résultats ?
Réponse courte. L’essai NSABP B-59/GeparDouze a amélioré la réponse pathologique complète, sans démontrer un bénéfice statistiquement significatif de survie sans événement à quatre ans.
Dans le cancer du sein triple négatif, les traitements hormonaux et anti-HER2 classiques ne sont pas adaptés. L’immunothérapie cherche à mobiliser le système immunitaire contre la tumeur, mais toutes les molécules et tous les protocoles ne sont pas interchangeables.
L’essai international randomisé de phase III NSABP B-59/GeparDouze a inclus 1 550 personnes ayant un cancer triple négatif de stade II ou III. Toutes recevaient une chimiothérapie avant l’opération ; 773 recevaient en plus l’atézolizumab, et 777 un placebo. Le traitement étudié était poursuivi après chirurgie pour compléter un an.
La réponse pathologique complète était observée chez 63,3 % sous atézolizumab contre 57,0 % sous placebo : une différence absolue de 6,3 points. Une réponse pathologique complète signifie qu’aucun cancer invasif résiduel n’est retrouvé dans les tissus examinés après traitement ; ce n’est pas une garantie de guérison.
À quatre ans, la survie sans événement atteignait 85,2 % avec l’atézolizumab contre 81,9 % avec le placebo. Cette différence de 3,3 points n’atteignait pas le seuil statistique prévu ; aucun bénéfice clinique n’est donc établi pour l’ensemble de la population étudiée. La différence de survie globale à quatre ans était de 0,7 point, sans preuve de bénéfice.
Les effets indésirables immunitaires étaient plus fréquents avec l’atézolizumab : 27,6 % contre 11,4 %. Ils peuvent notamment concerner la thyroïde, le foie, l’intestin ou les poumons. Les effets indésirables sévères de toutes causes étaient fréquents dans les deux groupes, notamment du fait de la chimiothérapie.
Certaines analyses de sous-groupes sont exploratoires et ne permettent pas de définir un nouveau standard. Le suivi médian était de 46,9 mois. Le schéma étudié ne doit pas être confondu avec des protocoles de pembrolizumab disposant d’autres preuves et indications.
En pratique, une patiente ne doit pas modifier son traitement à partir de cette publication. Elle peut demander à son oncologue : quel bénéfice absolu est attendu, quels effets immunitaires surveiller et sur quels essais repose mon protocole ?
Conclusion : une meilleure disparition de la tumeur à l’opération ne garantit pas à elle seule moins de récidives ni une meilleure survie. L’atézolizumab périopératoire étudié ici n’est pas un nouveau standard de soins.