Un test génomique peut-il permettre d’éviter une chimiothérapie après un cancer du sein ?
Réponse courte. L’essai OPTIMA montre qu’une stratégie guidée par Prosigna peut éviter une chimiothérapie chez certaines personnes ayant un cancer du sein précoce ER+/HER2−.
Après chirurgie, une chimiothérapie est parfois proposée pour diminuer le risque de récidive. Le test Prosigna analyse l’expression de 50 gènes tumoraux et produit un score de risque de récidive (ROR). Ce n’est pas un test héréditaire BRCA.
L’essai randomisé de phase III OPTIMA a inclus 4 429 personnes de 40 ans ou plus avec un cancer du sein précoce ER positif, HER2 négatif, à haut risque clinique. Le groupe standard recevait chimiothérapie puis hormonothérapie. Dans le groupe guidé par le test, un score ROR supérieur à 60 conduisait à une chimiothérapie et un score inférieur ou égal à 60 à une hormonothérapie seule.
Environ 68 % des tumeurs du groupe guidé par le test avaient un score bas et permettaient d’éviter la chimiothérapie. Dans l’analyse per-protocole présentée à l’ASCO 2026, la survie à cinq ans sans événement invasif du cancer du sein était de 91,8 % dans le groupe standard et de 90,3 % dans le groupe guidé par le test. Chez les personnes avec un score bas, elle était de 94,8 % avec chimiothérapie et hormonothérapie contre 93,6 % avec hormonothérapie seule.
Les seuils de non-infériorité prédéfinis étaient respectés. Cela ne démontre pas que la chimiothérapie est inutile pour toutes les patientes : la sélection clinique et biologique est essentielle.
Éviter une chimiothérapie peut réduire la fatigue, les nausées, la chute des cheveux, les infections et certaines toxicités tardives. Mais la chirurgie, l’hormonothérapie, la radiothérapie si indiquée et le suivi restent nécessaires.
Limites : suivi médian de quatre ans encore court pour les récidives tardives, données initialement présentées en congrès, et résultats propres à cette population et à ce test. Ne pas extrapoler aux cancers HER2 positifs ou triple négatifs.
En France, la pertinence, l’accès et le financement d’un test génomique doivent être discutés avec l’équipe d’oncologie et en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Questions utiles à poser : mon cancer correspond-il aux critères d’OPTIMA ? Quel bénéfice absolu attendre de la chimiothérapie ? Un test génomique est-il adapté et accessible dans mon cas ?