Cancer du sein HER2-low avancé : le trastuzumab rezetecan fait-il mieux que la chimiothérapie ?
Réponse courte. Dans HORIZON-Breast06, la survie sans progression a été prolongée, mais la toxicité était plus importante et le bénéfice de survie globale reste à démontrer.
L’essai randomisé HORIZON-Breast06 a inclus 551 femmes atteintes d’un cancer du sein HER2-low localement avancé inopérable ou métastatique. Elles recevaient soit le trastuzumab rezetecan, anticorps conjugué, soit une chimiothérapie au choix du médecin.
La médiane de survie sans progression était de 16,4 mois avec l’anticorps conjugué contre 6,8 mois sous chimiothérapie (hazard ratio 0,27). Ce résultat concerne le délai avant progression et ne démontre pas encore un gain de survie globale.
Les effets indésirables de grade 3 ou plus liés au traitement étaient de 84,1 % contre 67,9 %. Les événements graves liés au traitement étaient de 37,7 % contre 13,7 %. Les pneumopathies interstitielles ont été rapportées chez 2,5 % des patientes sous trastuzumab rezetecan.
Les limites comprennent un comparateur de chimiothérapie conventionnelle, l’absence de comparaison directe avec les anticorps conjugués modernes, un suivi encore limité et des données de survie globale immatures.
Le trastuzumab rezetecan étudié ici ne doit pas être présenté comme un traitement standard disponible en France. Aucun traitement ne doit être modifié sans l’équipe d’oncologie.
La question pratique pour la patiente est de connaître son statut HER2 exact, les traitements autorisés dans son cas et les risques à surveiller. Un gain de survie sans progression n’est pas synonyme de guérison ni de survie globale prolongée.