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MACASANTÉ
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Le Mag · 27/10/2026

Échange entre médecin et patient autour d’un document.

Photographie d’illustration : cottonbro studio / Pexels.

Cancer de l’endomètre : peut-on parfois éviter une chimiothérapie initiale ?

Une immunothérapie seule améliore le temps sans progression dans un essai récent portant sur certaines tumeurs avancées ou récidivantes. Ce résultat ouvre une discussion sur l’allègement des traitements, sans s’appliquer à tous les cancers de l’utérus.

La tumeur compte autant que son emplacement

Les analyses de la tumeur recherchent des caractéristiques qui peuvent orienter les soins. Un test tumoral n’est pas nécessairement un test d’hérédité : il sert d’abord à mieux connaître les cellules cancéreuses et leur sensibilité possible aux traitements. [1]

KEYNOTE-C93 concerne uniquement des cancers de l’endomètre dits dMMR, présentant un défaut d’un mécanisme de réparation de l’ADN. L’investigateur Brian Slomovitz explique que l’étude a comparé, chez 299 patientes, le pembrolizumab seul à une chimiothérapie par carboplatine et paclitaxel, en traitement initial de la maladie avancée ou récidivante. [2]

Un contrôle plus durable dans l’essai

La médiane de survie sans progression atteint 38,2 mois contre 8,4 mois ; à trois ans, les estimations sont de 52,8 % contre 30,0 %. Le rapport des risques instantanés de progression ou de décès est de 0,57 (IC95 % 0,42–0,79). [3]

Ces chiffres décrivent des groupes. La survie sans progression mesure le temps avant aggravation ou décès ; elle ne correspond pas à la durée de vie restante d’une personne. [4]

La comparaison a une limite essentielle

L’essai oppose l’immunothérapie seule à la chimiothérapie seule. Il ne démontre pas qu’elle serait supérieure à l’association chimiothérapie-immunothérapie utilisée actuellement dans ce contexte. L’investigateur souligne également que le bénéfice de survie globale n’est pas statistiquement confirmé à cette analyse. [2]

Les effets indésirables liés au traitement de grade 3 ou plus sont moins fréquents avec le pembrolizumab : 18,1 % contre 50,7 %. Une immunothérapie peut néanmoins entraîner des effets indésirables importants, notamment inflammatoires. « Sans chimiothérapie » ne signifie pas « sans risque ». [3, 5]

Message cléCe que l’étude ne démontre pas
Bénéfice sur la progression dans une population dMMRBénéfice pour tous les cancers de l’endomètre
Moins de toxicités importantes liées au traitementAbsence de risques
Une piste pour une stratégie sans chimiothérapie initialeSupériorité face à chimiothérapie + immunothérapie, ou gain de survie établi

Niveau de preuve : essai randomisé de phase III ; bénéfice sur la progression. Le choix du traitement reste lié au profil tumoral, à l’état de santé et aux options autorisées.

Références

  1. National Cancer Institute. Biomarker Testing for Cancer Treatment. https://www.cancer.gov/about-cancer/treatment/types/biomarker-testing-cancer-treatment
  2. Slomovitz BM. Entretien original et transcription : KEYNOTE-C93 Demonstrates Superior PFS With Pembrolizumab Monotherapy in dMMR Endometrial Cancer, 26 octobre 2026. https://www.hmpgloballearningnetwork.com/site/onc/videos/keynote-c93-demonstrates-superior-pfs-pembrolizumab-monotherapy-dmmr-endometrial
  3. Merck/MSD. Communiqué original diffusé par Business Wire, 26 octobre 2026, KEYTRUDA as Monotherapy Reduced the Risk of Disease Progression or Death by 43%…, reproduction consultée : https://www.stocktitan.net/news/MRK/keytruda-pembrolizumab-as-monotherapy-reduced-the-risk-of-disease-ejawzlyr5qsf.html
  4. National Cancer Institute. Progression-free survival. https://www.cancer.gov/publications/dictionaries/cancer-terms/def/progression-free-survival
  5. EMA. Keytruda — EPAR, information produit courante. https://www.ema.europa.eu/en/medicines/human/EPAR/keytruda
  6. Slomovitz BM, et coll. First-line pembrolizumab versus carboplatin plus paclitaxel in participants with mismatch repair-deficient advanced or recurrent endometrial cancer (KEYNOTE-C93/GOG-3064/ENGOT-en15): interim analysis of a multicentre, open-label, randomised, active-comparator controlled, phase 3 trial. Lancet. Publication en ligne du 26 octobre 2026. DOI : 10.1016/S0140-6736(26)02095-7. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(26)02095-7

Validation médicale : Dr Romain BEDDOK, 27 octobre 2026. Information générale ne remplaçant pas une consultation médicale.

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