Illustration originale MACASANTÉ, schématique ; aucune image diagnostique réelle.
OCTOBRE ROSE · 13 OCTOBRE 2026
La mammographie 3D évite-t-elle davantage de cancers entre deux dépistages ?
Le nouvel essai TOSYMA apporte un signal favorable, mais ne démontre pas une diminution statistiquement significative des cancers invasifs apparus dans les deux années suivant un dépistage négatif. Une meilleure détection ne suffit pas à démontrer un bénéfice clinique supplémentaire.
Ce qu’apporte la publication récente
Le suivi TOSYMA, disponible sur la plateforme éditeur le 10 octobre 2026, compare deux techniques chez des femmes de 50 à 70 ans, dans 17 sites allemands : tomosynthèse associée à une image 2D synthétique, et mammographie numérique classique.
Les résultats absolus
Après un résultat négatif, les chercheurs recensent 70 cancers invasifs parmi 49 299 femmes dans le premier groupe, contre 92 parmi 49 456 dans le second. Cela représente 14,2 contre 18,6 cancers pour 10 000 femmes, soit un écart observé de 4,4 pour 10 000 sur deux ans. Cependant, l’intervalle de confiance inclut l’absence de différence : OR 0,76 ; IC à 95 % 0,55–1,06 ; p = 0,11.
Ce que ces résultats ne démontrent pas
Le résultat est compatible avec un bénéfice, mais ne permet pas de le présenter comme acquis. L’analyse à douze mois est favorable ; elle reste secondaire. Cette publication ne démontre pas une réduction de la mortalité. Le financement est assuré par la recherche publique allemande.
Que signifie « mammographie 3D » ?
La tomosynthèse reconstruit des images à partir de plusieurs projections du sein. L’image 2D synthétique est reconstruite à partir de ces acquisitions : elle doit être distinguée d’une mammographie 2D supplémentaire.
Une technique déjà utilisée
Cette distinction compte pour l’exposition aux rayons X. La HAS souligne que l’association de deux acquisitions, 3D et 2D classique, augmente l’irradiation. Elle recommande depuis 2023 l’intégration de la tomosynthèse associée à une image 2D synthétique, tout en maintenant la mammographie numérique 2D pendant le déploiement progressif. La technique est donc déjà utilisée en France ; ce qui est récent ici, ce sont les résultats de suivi de l’essai. Ils ne renseignent pas sur sa disponibilité dans chaque centre.
Quelles limites et quels risques garder en tête ?
Une technique de dépistage doit être évaluée sur plusieurs dimensions : cancers détectés, examens complémentaires, faux positifs, exposition aux rayons X et cancers apparus entre deux dépistages. La HAS examine ces critères ensemble. L’étiquette « 3D » ne suffit pas à résumer la qualité d’un parcours de dépistage.
Que faire concrètement ?
En France, le dépistage organisé concerne les femmes de 50 à 74 ans, sans symptômes et sans risque particulier autre que l’âge, avec une invitation tous les deux ans. Les mammographies jugées normales bénéficient d’une seconde lecture. Il ne faut pas retarder un dépistage recommandé en attendant une technique particulière. Les antécédents personnels ou familiaux peuvent nécessiter un suivi adapté.
Un symptôme nouveau mérite une consultation
Une mammographie récente normale ne dispense pas de consulter devant une nouvelle boule, une modification du sein ou du mamelon, ou un écoulement inhabituel. Ces symptômes relèvent d’une évaluation diagnostique, sans attendre la prochaine invitation.
Sources
- Lancet Oncology — TOSYMA, suivi à 24 mois, disponible sur la plateforme éditeur le 10 octobre 2026, doi:10.1016/S1470-2045(26)00341-4
- HAS — Tomosynthèse et dépistage organisé, 17 mars 2023
- Assurance Maladie — Dépistage organisé du cancer du sein
- Assurance Maladie — Symptômes et diagnostic du cancer du sein
Information générale sous contrôle médical, ne remplaçant pas une consultation.