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Alzheimer : comment réagir face à l’agitation ou à l’agressivité ?
Une agitation ou une agressivité n’est pas forcément volontaire. Chez une personne qui communique moins facilement, elle peut exprimer douleur, peur, fatigue, faim, besoin d’aller aux toilettes, incompréhension ou environnement trop stimulant. La première réponse consiste à assurer la sécurité, réduire la tension et chercher ce qui a pu déclencher le comportement.
Pour mieux comprendre
Une personne atteinte d’Alzheimer peut progressivement perdre la capacité d’expliquer précisément ce qu’elle ressent. Elle peut avoir mal sans pouvoir localiser la douleur, ne pas comprendre pourquoi quelqu’un veut la déshabiller ou interpréter un geste d’aide comme une menace. L’agitation devient alors parfois un mode d’expression. C’est pourquoi il est important de ne pas résumer immédiatement le comportement à « l’Alzheimer qui s’aggrave ».
Un épisode survenant brutalement peut être lié à une infection, une douleur, une constipation, une rétention d’urine, une déshydratation, un trouble du sommeil ou un effet médicamenteux. Une baisse de l’audition ou de la vision peut également favoriser les incompréhensions. Les recommandations demandent donc de rechercher des causes cliniques et environnementales avant d’envisager une réponse médicamenteuse.
L’environnement joue un rôle majeur. Plusieurs personnes parlant simultanément, une télévision allumée, une pièce bruyante, des changements répétés d’intervenants ou des demandes trop complexes peuvent devenir difficiles à traiter cognitivement. Face à une personne agitée, parler plus fort ou multiplier les explications est alors contre-productif.
Il est préférable qu’une seule personne parle, lentement, avec des phrases courtes. Se placer à hauteur de la personne, éviter les gestes brusques et laisser suffisamment de temps pour répondre peuvent diminuer la tension. Il est également inutile de gagner une discussion sur un fait dont la personne n’a plus la même représentation. Si elle affirme qu’un objet a été volé alors qu’elle l’a rangé ailleurs, répondre « tu l’as encore perdu » risque surtout d’augmenter sa détresse. On peut reconnaître l’émotion sans confirmer l’idée erronée : « Cela t’inquiète, on va regarder ensemble. »
Observer les épisodes est particulièrement utile. S’ils apparaissent systématiquement pendant la toilette, au moment du coucher, dans un environnement bruyant ou avec un intervenant particulier, il existe peut-être un déclencheur modifiable. Les approches psychosociales et environnementales sont privilégiées lorsque la situation le permet.
Les médicaments psychotropes, notamment les antipsychotiques, ne constituent pas une réponse automatique à toute agitation. Ils peuvent avoir des effets indésirables importants chez les personnes âgées atteintes de démence et sont réservés à certaines situations après évaluation médicale, notamment lorsqu’il existe une détresse sévère ou un risque de dommage.
Il faut enfin penser à l’aidant. Des épisodes répétés d’agressivité peuvent être très éprouvants et parfois dangereux. Demander du relais n’est pas un échec de l’accompagnement : la sécurité et l’épuisement de l’aidant font partie de la situation à prendre en compte.
Point de vigilance
Une agitation nouvelle ou brutalement aggravée associée à fièvre, chute, douleur, somnolence, hallucinations nouvelles ou confusion inhabituelle nécessite une évaluation médicale. En cas de danger immédiat pour la personne ou son entourage, la mise en sécurité prime.