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Seniors

Alzheimer : il se réveille et déambule la nuit — que peut-on faire ?

Réponse courte

Les réveils et déplacements nocturnes peuvent devenir fréquents dans la maladie d’Alzheimer. L’objectif n’est pas nécessairement d’empêcher la personne de marcher mais de comprendre pourquoi elle se lève, favoriser un meilleur rythme veille-sommeil et rendre ses déplacements nocturnes plus sûrs.

Pour mieux comprendre

Le sommeil change naturellement avec l’âge, mais les maladies neurocognitives peuvent accentuer sa désorganisation. Certaines personnes dorment davantage dans la journée, se réveillent plusieurs fois la nuit ou ne reconnaissent plus correctement l’heure. Une personne qui se lève à 3 heures du matin peut être convaincue qu’il est déjà temps de prendre son petit-déjeuner ou de partir travailler.

Mais toute déambulation nocturne n’est pas directement liée à Alzheimer. La première question est très concrète : pourquoi se lève-t-elle ? Elle peut avoir besoin d’uriner, avoir soif, ressentir une douleur, être constipée, avoir trop chaud ou trop froid. Certains médicaments, l’apnée du sommeil, le syndrome des jambes sans repos ou d’autres troubles peuvent également perturber le sommeil.

L’environnement doit être examiné. Une personne qui ne trouve plus les toilettes peut parcourir tout le logement. Un éclairage nocturne discret permettant d’identifier le trajet chambre-toilettes peut parfois suffire à diminuer les difficultés. À l’inverse, une lumière intense pendant toute la nuit peut entretenir la confusion entre jour et nuit.

La journée prépare aussi la nuit. Une exposition suffisante à la lumière naturelle le matin, une activité physique adaptée et des activités pendant la journée contribuent à maintenir le rythme veille-sommeil. De longues siestes en fin d’après-midi peuvent, chez certaines personnes, rendre l’endormissement nocturne plus difficile. Les routines sont utiles : heures relativement régulières pour le lever, les repas et le coucher, activité calme en soirée, environnement rassurant.

Lorsqu’une personne se lève malgré tout, il faut distinguer marcher dans le logement et chercher à sortir du domicile. Le premier comportement peut parfois être rendu relativement sûr : retirer les tapis instables, dégager les passages, éclairer les zones à risque. Le second expose à l’errance et nécessite des mesures de sécurité supplémentaires. Certains dispositifs peuvent signaler l’ouverture d’une porte ou un mouvement inhabituel. Leur utilisation doit rester proportionnée et respecter autant que possible l’autonomie de la personne.

Les somnifères ne constituent pas une solution systématique. Chez une personne âgée présentant un trouble neurocognitif, certains traitements sédatifs peuvent notamment augmenter somnolence diurne, confusion et risque de chute. Toute stratégie médicamenteuse doit donc être discutée médicalement.

Enfin, le sommeil de l’aidant est lui aussi essentiel. Être réveillé plusieurs fois toutes les nuits peut conduire rapidement à l’épuisement. Lorsque la situation devient chronique, la recherche de relais ou d’aides doit faire partie de la prise en charge.

Point de vigilance

Une agitation nocturne apparue brutalement, une chute, de la fièvre, une douleur, une somnolence inhabituelle ou des hallucinations nouvelles nécessitent une évaluation. Des sorties nocturnes avec risque de se perdre imposent une réévaluation rapide de la sécurité.

Sources