← Toutes les fiches MACA Santé

Seniors

Une personne atteinte d’Alzheimer peut-elle rester seule à la maison ?

Réponse courte

Parfois oui, particulièrement aux premiers stades. Le diagnostic d’Alzheimer ne signifie pas automatiquement qu’une personne ne peut plus rester seule. La question importante est ce qu’elle sait encore faire en sécurité lorsqu’elle est seule : appeler de l’aide, manger et boire, prendre correctement ses médicaments, utiliser les appareils domestiques et s’orienter. Ces capacités doivent être réévaluées régulièrement.

Pour mieux comprendre

Deux personnes ayant le même diagnostic peuvent avoir des niveaux d’autonomie très différents. L’une peut encore préparer son petit-déjeuner, téléphoner à ses proches, sortir acheter du pain et gérer une partie de son quotidien. Une autre peut présenter des difficultés importantes pour les médicaments, les repas ou l’orientation. Un simple test de mémoire ne suffit donc pas pour décider. Il faut observer le fonctionnement réel dans la vie quotidienne.

La personne sait-elle utiliser son téléphone et appeler quelqu’un en cas de problème ? Reconnaît-elle une situation dangereuse ? Sait-elle quoi faire si quelqu’un sonne à la porte ? Peut-elle préparer ou réchauffer un repas sans oublier une casserole sur le feu ? Ces questions très concrètes renseignent souvent mieux sur la sécurité à domicile qu’une appréciation générale de la mémoire.

La gestion des médicaments est un autre point important. Oublier occasionnellement un comprimé n’a pas la même conséquence que prendre plusieurs fois une dose d’insuline, d’anticoagulant ou d’un autre traitement à risque. Il faut également regarder l’alimentation et l’hydratation. Certaines personnes donnent l’impression de fonctionner correctement lors d’une visite courte mais oublient régulièrement de manger ou boivent très peu lorsqu’elles restent seules.

L’orientation est essentielle. Une personne peut se déplacer dans son quartier pendant longtemps puis commencer à se perdre sur un trajet familier. D’autres sortent peu mais deviennent très anxieuses dès qu’elles ne trouvent plus leur conjoint. Les chutes doivent également être prises en compte : non seulement leur fréquence, mais surtout la capacité à réagir après une chute. Peut-elle se relever ? Utiliser son téléphone ? Une téléassistance est-elle réellement utilisable par elle ?

L’objectif n’est pas nécessairement de passer brutalement de « autonome » à « surveillance permanente ». Entre les deux existent de nombreuses adaptations : passages d’un proche, aide à domicile, livraison de repas, préparation ou sécurisation des médicaments, téléassistance ou organisation différente de certaines activités. Ces dispositifs ne remplacent cependant pas une présence humaine lorsque celle-ci devient nécessaire.

Il faut également tenir compte de la personne elle-même. Continuer à vivre chez soi peut être extrêmement important pour son identité, ses habitudes et son bien-être. Une restriction excessive de l’autonomie comporte elle aussi des conséquences : isolement, perte d’activité et sentiment de dépossession. La décision doit donc rechercher un équilibre entre autonomie et sécurité plutôt qu’un risque zéro impossible à atteindre.

Enfin, une situation considérée comme acceptable aujourd’hui peut ne plus l’être quelques mois plus tard. La question doit être réévaluée après un événement significatif : chute, errance, erreur médicamenteuse, hospitalisation ou aggravation cognitive.

Point de vigilance

Gaz ou plaques oubliés, sorties avec impossibilité de retrouver le domicile, erreurs médicamenteuses dangereuses, chutes sans possibilité d’appeler de l’aide, dénutrition ou déshydratation nécessitent une réévaluation rapide de l’organisation du domicile.

Sources