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Après 60 ans

Alzheimer : quels traitements sont aujourd’hui reconnus ?

Réponse courte

Il n’existe toujours pas de traitement permettant de guérir la maladie d’Alzheimer ou de restaurer les capacités cognitives perdues. La prise en charge associe mesures non médicamenteuses, accompagnement du patient et des aidants, correction des facteurs aggravants et, dans certaines situations, traitements médicamenteux. Les traitements symptomatiques historiques — donépézil, rivastigmine, galantamine et mémantine — ont des indications dans la maladie d’Alzheimer mais leur bénéfice est limité ; en France, la HAS a jugé leur intérêt clinique insuffisant et ils ne sont plus remboursés. La situation a évolué avec les anticorps dirigés contre l’amyloïde. Le lécanémab (Leqembi) et le donanémab (Kisunla) ont reçu une autorisation européenne pour certaines personnes présentant une maladie d’Alzheimer à un stade précoce, avec pathologie amyloïde confirmée et selon des critères précis, notamment liés au statut ApoE ε4. Ils peuvent ralentir modestement la progression chez certains patients mais ne guérissent pas la maladie.

Pour mieux comprendre

La prise en charge de la maladie d’Alzheimer ne repose pas sur un traitement unique. Il n’existe toujours pas de médicament capable de guérir la maladie ou de restaurer les capacités cognitives déjà perdues. L’objectif est d’accompagner l’évolution, de préserver autant que possible l’autonomie et la qualité de vie, de traiter les facteurs aggravants et de soutenir les proches.

Les traitements dits symptomatiques historiques — donépézil, rivastigmine, galantamine et mémantine — peuvent avoir des indications selon le stade de la maladie. Leur effet moyen sur les symptômes cognitifs ou fonctionnels reste limité. En France, la HAS a considéré que leur intérêt clinique était insuffisant pour justifier leur remboursement. Ils ne doivent donc pas être présentés comme des médicaments capables d’arrêter la maladie.

Une nouvelle étape a été franchie avec les anticorps dirigés contre la protéine amyloïde. Le lécanémab et le donanémab ont obtenu une autorisation européenne dans des populations sélectionnées présentant une maladie d’Alzheimer à un stade précoce et une pathologie amyloïde confirmée. Dans les essais, ils ont ralenti modestement la progression moyenne chez certains patients ; ils n’ont pas fait disparaître la maladie ni restauré les fonctions perdues.

Ces traitements nécessitent une sélection spécialisée et une surveillance particulière. Ils peuvent provoquer des anomalies radiologiques appelées ARIA, correspondant notamment à des œdèmes ou des microhémorragies cérébrales. Le statut génétique ApoE, l’IRM et d’autres critères interviennent dans l’évaluation du risque. Une autorisation de mise sur le marché européenne ne signifie pas automatiquement qu’un médicament est remboursé ou utilisé en routine en France. La HAS a rendu des avis défavorables au remboursement du lécanémab puis du donanémab dans les conditions évaluées.

La prise en charge non médicamenteuse reste donc fondamentale : activité physique adaptée, maintien des activités sociales et cognitives, correction des troubles auditifs et visuels, prévention des chutes, nutrition, adaptation du domicile et traitement des maladies associées. Les troubles du comportement doivent être analysés en recherchant douleur, infection, effets médicamenteux ou facteurs environnementaux avant de les attribuer uniquement à Alzheimer. Le soutien des aidants fait partie du soin.

Ce domaine évolue rapidement. Une personne concernée par une maladie d’Alzheimer débutante peut discuter avec une équipe spécialisée des traitements réellement accessibles et adaptés à sa situation. Les annonces de nouveaux médicaments doivent être distinguées de leur disponibilité effective, de leurs critères d’utilisation et de leur bénéfice clinique réel.

Point de vigilance

Les anticorps anti-amyloïde exposent notamment aux ARIA, anomalies à l’IRM pouvant correspondre à des œdèmes et/ou microhémorragies cérébrales : leur utilisation nécessite donc une sélection et une surveillance spécialisées. En France, la HAS a rendu un avis défavorable au remboursement du lécanémab en 2025 puis du donanémab en 2026, considérant notamment que le bénéfice clinique démontré ne justifiait pas leur prise en charge dans les conditions évaluées. L’autorisation européenne ne signifie donc pas qu’un traitement est recommandé et remboursé en pratique courante en France. Activité physique adaptée, maintien des activités sociales et cognitives, prise en charge des troubles sensoriels et cardiovasculaires, nutrition, prévention des chutes, adaptation du domicile et soutien des aidants restent des composantes importantes de la prise en charge globale. État des connaissances : août 2026.

Sources