Enfants & parents
Burn-out parental : comment savoir si l’on est plus que simplement fatigué ?
Être épuisé par ses enfants à certaines périodes est fréquent. Le burn-out parental correspond à quelque chose de plus durable : un épuisement intense lié au rôle de parent, accompagné d’une perte de plaisir à être parent et parfois d’une prise de distance émotionnelle avec ses enfants. Les travaux de recherche le distinguent du burn-out professionnel et de la dépression, même si plusieurs difficultés peuvent coexister. Ce qui doit particulièrement attirer l’attention est le sentiment de ne plus avoir de ressources pour faire face au quotidien familial, surtout lorsqu’il dure, s’aggrave ou retentit sur la relation avec les enfants.
Pour mieux comprendre
Le burn-out parental a été décrit comme la conséquence d’un stress parental chronique lorsque les contraintes deviennent durablement supérieures aux ressources disponibles pour y faire face.
Les chercheurs décrivent notamment quatre dimensions : un épuisement important lié au rôle parental ; l’impression de ne plus être le parent que l’on était auparavant ; une saturation ou une perte de plaisir dans son rôle de parent ; et une distanciation émotionnelle vis-à-vis des enfants.
Il ne faut donc pas confondre burn-out parental et fatigue ordinaire. Après une mauvaise nuit ou une semaine difficile, un parent peut être épuisé tout en retrouvant progressivement de l’énergie et du plaisir avec ses enfants. Dans le burn-out parental, l’épuisement tend au contraire à devenir persistant et spécifiquement associé à la parentalité.
Il ne s’agit pas non plus automatiquement d’une dépression. Dans une dépression, la perte d’énergie, de plaisir ou d’intérêt tend à concerner plusieurs domaines de la vie. Dans le burn-out parental, les difficultés sont principalement centrées sur le rôle parental. Les deux situations peuvent néanmoins être associées, ce qui justifie parfois une évaluation professionnelle.
Il n’existe pas un profil unique de parent concerné. Les recherches suggèrent plutôt un déséquilibre entre facteurs de risque et ressources : accumulation des contraintes, difficultés familiales ou éducatives, manque de soutien, difficulté à récupérer, exigences parentales très élevées, etc. Certaines situations peuvent augmenter la vulnérabilité, notamment lorsque plusieurs difficultés s’accumulent.
Le premier objectif n’est pas nécessairement de « devenir un meilleur parent », mais de réduire la surcharge et retrouver des ressources. En parler au médecin traitant, à un psychologue ou à un autre professionnel peut aider à évaluer la situation, rechercher d’autres difficultés psychiques éventuelles et identifier les aides possibles.
Les conséquences ne doivent pas être minimisées. Des études ont retrouvé une association entre burn-out parental et conflits conjugaux, troubles du sommeil, idées de fuite, mais également davantage de négligence ou de comportements violents envers les enfants. Cela ne signifie pas qu’un parent épuisé deviendra violent, mais explique pourquoi une situation qui se dégrade mérite d’être prise au sérieux.
Quand demander rapidement de l’aide ?
Un sentiment de perdre le contrôle avec son enfant, la peur de lui faire du mal, des comportements violents, des idées de fuite ou des idées suicidaires nécessitent de chercher rapidement de l’aide et de ne pas rester seul avec la situation. En cas de danger immédiat : 15 ou 112. En cas d’idées suicidaires ou de détresse suicidaire : 3114, 24 h/24 et 7 j/7.