Cœur & circulation
Café et cœur : est-ce mauvais pour la santé cardiovasculaire ?
Pas de façon générale. Les données actuelles ne permettent pas de classer le café comme « mauvais pour le cœur ». Une déclaration scientifique récente de l’American Heart Association souligne que les effets dépendent de la source et de la quantité de caféine ainsi que du terrain. Chez la majorité des adultes qui consomment déjà du café ou du thé caféiné, une consommation modérée de caféine naturellement présente ne semble pas nocive pour le système cardiovasculaire. Cela ne signifie pas qu’il faille commencer à boire du café pour protéger son cœur, ni que café, caféine concentrée et boissons énergisantes soient équivalents.
Pour mieux comprendre
Le mot « caféine » regroupe des situations très différentes. Une tasse de café ou de thé apporte de la caféine au sein d’une boisson complexe, alors que certaines boissons énergisantes ou produits concentrés peuvent apporter des doses élevées rapidement. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est trompeur de résumer la question par « le café est bon » ou « le café est mauvais » pour le cœur.
La déclaration scientifique de l’American Heart Association publiée en 2026 insiste sur plusieurs dimensions : la quantité consommée, la source de la caféine et les différences individuelles de métabolisme. Certaines personnes ressentent palpitations, nervosité ou troubles du sommeil à des doses que d’autres tolèrent bien.
La pression artérielle peut augmenter transitoirement après une prise de caféine, surtout chez les personnes peu habituées. Cela ne signifie pas qu’une consommation habituelle modérée provoque automatiquement une hypertension chronique. Les données observationnelles disponibles sur le café et le thé sont globalement rassurantes, mais elles ne suffisent pas à recommander de commencer à en consommer dans un objectif cardiovasculaire.
Concernant le rythme cardiaque, l’idée selon laquelle toute personne ayant des palpitations ou une fibrillation atriale devrait supprimer systématiquement le café n’est pas étayée de façon simple. Un essai randomisé publié dans JAMA a même montré que, chez des personnes atteintes de fibrillation atriale, la stratégie de consommation de café caféiné étudiée n’augmentait pas les récidives par rapport à l’abstinence. Cela ne transforme pas le café en traitement et ne signifie pas que chacun le tolère de la même façon.
Les boissons énergisantes constituent un cas différent. Leur teneur en caféine, leur mode de consommation et parfois leur association à d’autres stimulants ou à l’alcool justifient davantage de prudence.
Le message pratique est donc de raisonner en quantité, en source et en tolérance individuelle. Une consommation habituelle modérée de café n’a pas à être considérée automatiquement comme dangereuse pour le cœur, mais augmenter volontairement sa consommation pour obtenir un bénéfice cardiovasculaire n’est pas recommandé.
Point de vigilance
Des palpitations importantes, un malaise, une douleur thoracique ou un essoufflement inhabituel nécessitent une évaluation médicale et ne doivent pas être attribués automatiquement au café. Une personne qui constate de façon reproductible que la caféine déclenche des symptômes peut réduire ses apports et en parler avec un professionnel de santé.