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Santé des femmes & grossesse

Je prends une pilule au désogestrel : dois-je m’inquiéter du risque de méningiome ?

Réponse courte

Un très faible risque de méningiome a été identifié avec les contraceptifs contenant du désogestrel 75 µg, surtout lors d’une utilisation prolongée. Le risque augmente notamment après 5 ans d’exposition et avec l’âge. Cela ne justifie pas d’arrêter seule sa contraception : en l’absence de symptôme inhabituel, parlez-en avec votre médecin ou votre sage-femme lors du suivi afin de réévaluer régulièrement la contraception.

Pour mieux comprendre

Le désogestrel est un progestatif utilisé dans certaines pilules contraceptives sans œstrogène, notamment Optimizette®, Cérazette®, Antigone®, Elfasette® et leurs génériques. Une grande étude française EPI-PHARE, menée à partir des données nationales de santé et publiée dans le BMJ, a mis en évidence une augmentation faible du risque de méningiome intracrânien nécessitant une intervention chirurgicale chez les utilisatrices de désogestrel 75 µg.

Le méningiome est une tumeur développée à partir des méninges, les enveloppes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. La plupart des méningiomes sont bénins, mais certains peuvent provoquer des symptômes neurologiques et nécessiter une prise en charge.

Le point essentiel est de distinguer risque relatif et risque absolu. Le risque associé au désogestrel reste très faible. Selon EPI-PHARE, on observe en moyenne un cas de méningiome intracrânien opéré pour environ 67 000 femmes exposées au désogestrel, toutes durées confondues, et environ un cas pour 17 000 femmes exposées plus de cinq ans. Le risque augmente avec la durée d’utilisation : au-delà de 5 ans il est multiplié par environ 1,7 et au-delà de 7 ans par environ 2. Il est également plus important avec l’âge, notamment après 45 ans. Ce niveau de risque reste très inférieur à celui observé avec certains macroprogestatifs déjà connus pour favoriser les méningiomes.

Ces résultats ne signifient pas que toutes les femmes prenant du désogestrel doivent changer de contraception. L’ANSM recommande de ne pas interrompre sa contraception sans avis professionnel, car un arrêt expose à une grossesse non prévue. La contraception doit en revanche être réévaluée régulièrement, au moins chaque année, en tenant compte de l’âge, de la durée d’exposition, des antécédents et d’éventuels traitements progestatifs utilisés auparavant. Chez les femmes de plus de 45 ans, la pertinence du maintien de la contraception doit être particulièrement réévaluée.

Une IRM cérébrale systématique n’est pas recommandée à toutes les utilisatrices. L’ANSM la réserve notamment aux femmes présentant des signes évocateurs de méningiome et à certaines femmes ayant été exposées auparavant à des progestatifs à risque. Des maux de tête persistants ou inhabituels, des troubles de la vision, du langage, de l’audition, de la mémoire ou de l’équilibre, une faiblesse musculaire, une perte de l’odorat ou des convulsions doivent conduire à demander rapidement un avis médical. Ces symptômes peuvent avoir de nombreuses autres causes et ne signifient pas à eux seuls qu’un méningiome est présent.

En septembre 2026, l’ANSM informe directement les femmes ayant eu une délivrance récente de désogestrel afin qu’elles puissent en discuter avec leur médecin ou leur sage-femme. Le message n’est donc pas d’arrêter la contraception, mais de connaître ce risque très faible et de vérifier régulièrement que la méthode contraceptive reste adaptée.

Point de vigilance

N’arrêtez pas seule votre contraception. En l’absence de symptôme inhabituel, parlez du risque et de la durée d’exposition avec votre médecin ou votre sage-femme lors du suivi. Une IRM systématique n’est pas recommandée à toutes les utilisatrices. Des symptômes neurologiques inhabituels ou persistants justifient en revanche un avis médical rapide.

Sources