Santé au quotidien
Diabète : comment gérer un restaurant ou un repas chez des amis sans tout calculer ?
Avoir un diabète ne signifie pas devoir peser chaque aliment ou refuser les invitations. L’objectif est surtout de repérer les principales sources de glucides, garder quelques repères sur les quantités et adapter si nécessaire la stratégie prévue avec son équipe soignante. Un repas inhabituel de temps en temps ne résume pas l’équilibre du diabète.
Pour mieux comprendre
Les repas pris à l’extérieur sont plus difficiles à prévoir : portions différentes, recettes inconnues, sauces, apéritif, pain disponible en permanence, dessert, alcool et horaires décalés. Pour autant, rechercher une précision parfaite est rarement réaliste.
Les glucides sont les nutriments qui influencent le plus directement la glycémie après le repas. On les retrouve notamment dans le pain, les féculents, les légumineuses, les fruits, certains produits laitiers, les desserts et les boissons sucrées. Cela ne signifie pas qu’il faut les supprimer. Pour beaucoup de personnes, une stratégie simple consiste à regarder l’ensemble du repas plutôt que chaque gramme : présence de légumes lorsque cela est possible, source de protéines, féculents en quantité raisonnable, eau comme boisson principale et dessert choisi plutôt que consommé automatiquement.
La situation est différente chez une personne utilisant une insulinothérapie permettant d’adapter l’insuline aux glucides consommés. L’estimation des glucides devient alors un véritable outil thérapeutique. Mais même dans ce cas, personne ne connaît précisément la composition d’un plat préparé au restaurant. L’apprentissage consiste donc aussi à développer des repères visuels et à accepter une marge d’incertitude.
Les aliments riches en graisses et protéines peuvent également modifier la courbe glycémique. Une pizza, par exemple, ne se comporte pas nécessairement comme la même quantité de glucides consommée sous forme de pain seul : digestion et absorption peuvent être plus prolongées. Cela explique pourquoi certains repas très riches entraînent une glycémie élevée plusieurs heures après avoir quitté le restaurant.
L’apéritif peut être un autre piège involontaire. On peut consommer boissons, pain, biscuits ou amuse-bouches tout en attendant longtemps le plat principal. Chez une personne utilisant un traitement susceptible de provoquer une hypoglycémie, le décalage inhabituel du repas peut également compter.
Il n’est cependant pas souhaitable que ces considérations transforment la vie sociale en succession d’interdictions. Les recommandations nutritionnelles modernes sur le diabète insistent davantage sur la qualité globale de l’alimentation et l’adaptation à la personne que sur une liste universelle d’aliments interdits. Un dessert peut donc trouver sa place dans un repas. On peut décider de le prendre, le partager ou ne pas en vouloir : l’important est de sortir de l’idée selon laquelle un aliment serait à lui seul une « faute ».
Cette approche est également importante psychologiquement. Une alimentation excessivement rigide peut compliquer les relations sociales et, chez certaines personnes, favoriser un rapport anxieux à la nourriture.
Point de vigilance
Des hypoglycémies ou hyperglycémies répétées après les sorties indiquent que la stratégie mérite d’être revue avec l’équipe soignante. Des restrictions de plus en plus nombreuses, une anxiété importante avant les repas ou une culpabilité systématique méritent également d’être abordées.