Santé des femmes & grossesse
Pose d’un stérilet : peut-on réduire la douleur ?
Oui. La douleur lors de la pose d’un dispositif intra-utérin (DIU, souvent appelé « stérilet ») varie beaucoup d’une personne à l’autre, mais plusieurs moyens peuvent aider à la réduire. Des anesthésiques locaux ont montré un bénéfice dans certaines études. Un essai randomisé publié en 2026 apporte également des résultats encourageants avec la mépivacaïne administrée localement dans l’utérus. Il n’existe cependant pas une méthode unique adaptée à toutes les femmes : la prise en charge de la douleur peut être discutée avant la pose avec le professionnel qui réalise le geste.
Pour mieux comprendre
La pose d’un DIU, au cuivre ou hormonal, est généralement rapide. Elle peut néanmoins provoquer des crampes et une douleur parfois importante. L’intensité varie considérablement : certaines femmes ressentent surtout une gêne brève, tandis que d’autres décrivent une douleur beaucoup plus marquée.
La douleur ne doit donc pas être considérée comme quelque chose qu’il faudrait nécessairement supporter sans en parler. Plusieurs approches ont été étudiées. Les recommandations récentes insistent notamment sur l’importance d’informer la patiente, de discuter de ses attentes et de proposer les options disponibles pour contrôler la douleur. Certains anesthésiques locaux, en particulier la lidocaïne sous différentes formes ou en bloc paracervical, peuvent diminuer la douleur lors de l’insertion.
En septembre 2026, un essai randomisé multicentrique publié dans JAMA, portant sur 370 femmes nullipares, a étudié une autre possibilité : la mépivacaïne, un anesthésique local administré dans l’utérus avant la pose. La douleur moyenne pendant l’insertion était d’environ 44/100 avec la mépivacaïne contre 59/100 avec le placebo, soit une différence d’environ 14 points sur 100. Davantage de participantes ont également considéré la douleur comme tolérable.
Ces résultats sont intéressants mais ne signifient pas que la mépivacaïne doit désormais être utilisée systématiquement. L’étude portait sur une population et un protocole précis. D’autres traitements ont été étudiés. Par exemple, le misoprostol n’est pas recommandé systématiquement avant une pose habituelle de DIU, même s’il peut avoir une place dans certaines circonstances particulières, notamment après un échec de pose.
Si vous appréhendez la douleur, parlez-en avant la pose. Le médecin ou la sage-femme pourra expliquer le déroulement du geste et discuter des moyens disponibles pour améliorer votre confort. Il n’existe pas une stratégie identique pour toutes : le choix dépend notamment de la situation, des antécédents, de l’expérience éventuelle d’une précédente pose et des possibilités disponibles.
Point de vigilance
Des crampes ou des saignements légers peuvent survenir après l’insertion. En revanche, une douleur très importante ou persistante, un saignement important, de la fièvre ou un malaise justifient un avis médical.
Sources
- JAMA — essai randomisé multicentrique sur la mépivacaïne intra-utérine lors de la pose d’un DIU · 17 septembre 2026
- ACOG — Pain Management for In-Office Uterine and Cervical Procedures · 2025
- CDC — U.S. Selected Practice Recommendations for Contraceptive Use · 2024
- WHO — Selected Practice Recommendations for Contraceptive Use, 4th edition · 2025