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Enfants & parents

Comment savoir si mon enfant voit mal ?

Réponse courte

Un enfant qui voit mal ne s’en rend pas toujours compte et ne se plaint pas forcément. Certains signes peuvent attirer l’attention : il plisse souvent les yeux, se rapproche beaucoup pour lire ou regarder un écran, tourne ou penche la tête, ferme un œil, se cogne fréquemment, ou se plaint de voir flou, de voir double ou d’avoir mal à la tête après avoir lu. Chez le bébé, une mauvaise fixation du regard, l’absence de poursuite d’un visage ou d’un objet, un œil qui dévie ou des mouvements inhabituels des yeux doivent aussi être signalés. Mais l’absence de signe visible ne suffit pas à exclure un trouble de la vision : le dépistage visuel reste important chez tous les enfants.

Pour mieux comprendre

La vision se développe progressivement pendant les premières années de vie. Le cerveau apprend à utiliser les images transmises par les deux yeux. Les troubles visuels les plus fréquents chez l’enfant sont notamment la myopie, l’hypermétropie et l’astigmatisme. Un enfant peut voir moins nettement sans réaliser que sa vision est différente de celle des autres.

Un enjeu important du dépistage est aussi de prévenir l’amblyopie. Lorsqu’un œil transmet pendant l’enfance une image de moins bonne qualité que l’autre, par exemple en raison d’un strabisme ou d’un trouble optique important, le cerveau peut progressivement privilégier l’œil qui voit le mieux. La vision de l’autre œil risque alors de ne pas se développer normalement. Plus cette situation est détectée tôt, meilleures sont les possibilités de récupération.

Chez le bébé, il peut être utile d’être attentif à une mauvaise fixation du regard, à une absence de poursuite visuelle, à un œil qui dévie, à des mouvements anormaux des yeux ou à une position inhabituelle de la tête pour regarder. Un strabisme permanent est anormal quel que soit l’âge. Un strabisme intermittent peut exister au tout début de la vie, mais lorsqu’il persiste après l’âge de 3 mois, il doit être évalué.

Chez l’enfant plus grand, certains comportements peuvent également attirer l’attention : plisser souvent les yeux, se rapprocher systématiquement pour regarder, fermer un œil, tourner la tête, avoir du mal à voir de loin, lire très près, se plaindre de vision floue ou double, ou présenter une fatigue ou des céphalées répétées lors des activités visuelles. Des difficultés scolaires peuvent parfois conduire à vérifier la vision, mais elles ont de nombreuses causes possibles et ne suffisent pas, à elles seules, à évoquer un trouble visuel.

Certains enfants ne présentent aucun symptôme. C’est pourquoi la vision est contrôlée lors des examens de santé de l’enfant et lors de différents dépistages, notamment au cours des premières années de vie puis autour de l’âge préscolaire et scolaire. Une surveillance plus précoce peut être nécessaire lorsqu’il existe certains facteurs de risque, notamment une prématurité, certaines maladies neurologiques ou génétiques, certaines anomalies craniofaciales, ou des antécédents familiaux de strabisme, d’amblyopie, de forte myopie ou de maladie oculaire héréditaire.

Certains signes doivent conduire à un examen rapide, notamment un reflet blanc dans la pupille, appelé leucocorie, des mouvements oculaires anormaux apparus récemment, une baisse brutale de la vision, une douleur importante de l’œil avec baisse de vision ou un traumatisme oculaire important.

À retenir

Un enfant peut mal voir sans le savoir. Il faut notamment être attentif à un œil qui dévie, une mauvaise fixation ou poursuite du regard, des mouvements anormaux des yeux, un enfant qui plisse souvent les yeux ou qui se rapproche systématiquement pour regarder. Mais observer son comportement ne remplace pas le dépistage : la vision doit être vérifiée régulièrement pendant l’enfance, même en l’absence de plainte. Un reflet blanc dans une pupille, une baisse brutale de la vision ou une douleur oculaire importante avec baisse de vision nécessitent une évaluation rapide.

Sources