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Fragilité chez la personne âgée : comment la reconnaître ?
La fragilité correspond à une diminution des réserves de l’organisme augmentant le risque de perte d’autonomie. Le modèle de Fried repose sur cinq critères : perte de poids, fatigue, baisse d’activité, ralentissement de marche et diminution de la force musculaire.
Pour mieux comprendre
La fragilité est une notion différente de l’âge, de la maladie chronique ou de la dépendance. Elle décrit une diminution des réserves de l’organisme : face à une infection, une chute, une hospitalisation ou un autre stress, une personne fragile récupère moins facilement et risque davantage de perdre de l’autonomie. Une personne peut donc avoir plusieurs maladies sans être fragile, ou au contraire sembler relativement autonome tout en ayant des réserves diminuées.
Le modèle de Fried, souvent utilisé pour comprendre cette notion, repose sur cinq dimensions : perte de poids involontaire, fatigue ou épuisement, faible niveau d’activité physique, ralentissement de la marche et diminution de la force musculaire. Il ne résume pas toutes les formes de fragilité, mais il montre que celle-ci se repère surtout par une évolution fonctionnelle, pas par une simple date de naissance.
D’autres éléments sont importants dans une évaluation gériatrique : nutrition, cognition, humeur, vision et audition, médicaments, maladies chroniques, chutes, environnement et soutien social. Une perte de poids peut par exemple traduire une dénutrition ; une marche plus lente peut être liée à une douleur, une maladie neurologique ou une faiblesse musculaire ; une fatigue nouvelle peut avoir de nombreuses causes. Le mot « fragilité » ne doit donc pas remplacer la recherche de ce qui explique le changement.
Repérer la fragilité est utile parce qu’une partie des facteurs associés peut être modifiée. L’activité physique adaptée, notamment le renforcement musculaire et le travail de l’équilibre, occupe une place importante. Il faut également rechercher une dénutrition, corriger si possible les déficits sensoriels, revoir les médicaments et traiter les maladies ou symptômes qui limitent l’activité. L’objectif n’est pas de promettre un retour à un état antérieur dans toutes les situations, mais d’éviter ou ralentir une spirale de désadaptation.
La fragilité peut évoluer : elle n’est pas nécessairement un état définitif. Une intervention précoce est donc plus pertinente que d’attendre une dépendance installée. Une perte de poids involontaire, des chutes, une diminution de la vitesse de marche, des difficultés nouvelles à se relever d’une chaise ou à sortir, ou une baisse rapide de l’autonomie sont des raisons d’en parler. Ces signes permettent surtout d’ouvrir une évaluation globale et de rechercher ce qui peut être amélioré.
Point de vigilance
Avis médical en cas de perte de poids, fatigue inhabituelle, chutes, baisse de mobilité ou perte d’autonomie.