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Santé urinaire

J’ai des fuites urinaires : est-ce normal avec l’âge ?

Réponse courte

Non. Les fuites urinaires deviennent plus fréquentes avec l’âge, mais elles ne doivent pas être considérées comme une conséquence inévitable du vieillissement. Il existe plusieurs formes d’incontinence : à l’effort, par envie urgente ou mixtes. Des traitements existent et la rééducation périnéo-sphinctérienne est un traitement initial important, notamment dans l’incontinence d’effort. Une méta-analyse publiée en 2025 confirme un bénéfice du renforcement du plancher pelvien chez les femmes ménopausées. Les recommandations françaises sur l’incontinence d’effort de la femme sont en cours d’actualisation par la HAS avec l’AFU et le CNGOF.

Pour mieux comprendre

Les fuites urinaires deviennent plus fréquentes avec l’âge, mais elles ne sont pas une conséquence inévitable du vieillissement. Elles correspondent à plusieurs mécanismes différents, et cette distinction est importante car les solutions ne sont pas les mêmes.

Dans l’incontinence dite d’effort, la fuite survient lorsque la pression augmente dans l’abdomen : toux, éternuement, rire, course, port de charge ou autre effort. Le système qui ferme l’urètre et le plancher pelvien ne compensent alors pas suffisamment cette augmentation de pression.

Dans l’incontinence par urgenturie, le problème est différent : une envie très forte et difficile à différer apparaît, parfois pour de petites quantités, et la fuite survient avant d’avoir pu atteindre les toilettes. Certaines personnes présentent une association des deux mécanismes.

L’âge peut favoriser ces troubles, mais d’autres éléments comptent : grossesses et accouchements, ménopause, chirurgie pelvienne ou prostatique, constipation, certains médicaments, maladies neurologiques, difficultés de mobilité ou habitudes de boissons. C’est pourquoi une fuite urinaire mérite d’être décrite plutôt que simplement attribuée à l’âge.

L’évaluation commence généralement par des questions simples : dans quelles circonstances les fuites apparaissent-elles ? Sont-elles précédées d’une envie urgente ? Combien de fois surviennent-elles ? Existe-t-il des brûlures urinaires, du sang dans les urines ou des difficultés à vider la vessie ? Un calendrier des mictions peut parfois aider à objectiver le rythme des boissons, des envies et des fuites.

La prise en charge dépend ensuite du mécanisme et du retentissement. Des mesures comportementales, une rééducation du plancher pelvien et, dans certaines situations, des traitements spécifiques peuvent être proposés. Le point essentiel est qu’il existe des possibilités d’amélioration : utiliser des protections peut être utile au quotidien, mais ne doit pas empêcher de rechercher une cause et une prise en charge adaptée.

Il est donc préférable d’en parler lorsque les fuites sont répétées, gênantes ou nouvelles, plutôt que de les considérer comme quelque chose qu’il faudrait accepter avec l’âge.

Point de vigilance

Il faut en parler à un professionnel en cas de fuites nouvelles ou gênantes, et plus rapidement si elles s’accompagnent de sang dans les urines, de difficultés à vider la vessie, d’infections répétées ou de symptômes neurologiques.

Sources