Santé au quotidien
Je perds mes cheveux sous sémaglutide ou tirzépatide : est-ce lié ?
Oui, un lien est possible. Des essais cliniques, des cohortes et plusieurs revues récentes retrouvent davantage de chutes de cheveux chez certaines personnes traitées par des médicaments de la famille des GLP-1, notamment le sémaglutide et le tirzépatide. Il s’agit le plus souvent d’une chute diffuse non cicatricielle, compatible notamment avec un effluvium télogène. Mais on ne sait pas encore quelle part revient directement au médicament et quelle part est liée à la perte de poids rapide, au stress physiologique ou à des apports nutritionnels insuffisants. Une chute de cheveux ne doit donc pas conduire à arrêter seul le traitement.
Pour mieux comprendre
La chute de cheveux est devenue un effet indésirable discuté avec l’utilisation croissante des traitements de type GLP-1 dans le diabète et l’obésité. Les données disponibles en 2026 ne reposent plus uniquement sur des signalements isolés. Une méta-analyse de neuf études interventionnelles, dont sept essais randomisés, portant sur 4 114 utilisateurs de GLP-1 a retrouvé davantage de chutes de cheveux que sous placebo. Une autre synthèse récente, intégrant cohortes et pharmacovigilance, retrouve également une association avec les alopécies non cicatricielles, en particulier l’effluvium télogène.
L’effluvium télogène correspond à une chute diffuse : un nombre inhabituellement important de cheveux entre simultanément dans une phase du cycle qui précède leur chute. Il peut apparaître après différents stress pour l’organisme, notamment une perte de poids importante ou rapide, une maladie, une intervention, certaines carences ou des apports alimentaires insuffisants.
C’est pourquoi le mécanisme observé sous sémaglutide ou tirzépatide reste discuté. Le médicament pourrait contribuer au phénomène, mais l’amaigrissement lui-même et les changements nutritionnels peuvent également jouer un rôle. Une grande étude de cohorte publiée en 2026 retrouve notamment davantage d’alopécies non cicatricielles et d’effluvium télogène sous sémaglutide et tirzépatide, avec un poids ultérieur plus faible chez les personnes concernées, ce qui soutient l’hypothèse d’un rôle du stress physiologique associé à la perte de poids. Cela ne démontre toutefois pas que la perte de poids explique tous les cas.
Toutes les chutes de cheveux survenant pendant un traitement ne sont pas dues au GLP-1. Une carence martiale, une maladie thyroïdienne, une autre maladie récente, certains médicaments, une alopécie androgénétique ou d’autres causes peuvent être en jeu. Le contexte, l’aspect de la chute et son évolution permettent d’orienter l’évaluation.
Le message pratique est donc de ne pas interrompre seul un traitement efficace. Une chute importante ou persistante mérite d’être signalée au prescripteur. L’objectif est de vérifier la chronologie, la vitesse de perte de poids, la qualité et la quantité des apports alimentaires et, selon le contexte clinique, de rechercher d’autres causes. Les données actuelles ne justifient pas de recommander systématiquement un complément alimentaire ou une vitamine à toute personne sous GLP-1.
Quand en parler rapidement ?
Une chute brutale et très importante, une alopécie en plaques, des lésions du cuir chevelu ou des symptômes généraux associés nécessitent une évaluation. Une perte de poids très rapide, des apports alimentaires très réduits ou des symptômes pouvant évoquer une carence doivent également être signalés. Dans la majorité des situations, l’enjeu est d’identifier la cause plutôt que d’arrêter automatiquement le traitement.