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Enfants & Ados

Harcèlement scolaire : quels signes doivent alerter et que faire ?

Réponse courte

Le harcèlement scolaire correspond à des violences répétées — verbales, psychologiques, physiques ou numériques — qui placent progressivement un élève en difficulté face à un ou plusieurs autres.

Un adolescent harcelé ne raconte pas toujours spontanément ce qu’il vit. Repli, anxiété, troubles du sommeil, fatigue, chute des résultats, refus d’aller en cours, blessures répétées ou changement inhabituel dans l’utilisation du téléphone peuvent faire partie des signes qui doivent faire chercher ce qui se passe.

En cas de suspicion, il faut écouter l’adolescent, conserver les éléments utiles et signaler rapidement la situation à l’établissement. Le 3018 peut également accompagner les victimes et leur entourage.

Pour mieux comprendre

Un conflit entre deux élèves n’est pas automatiquement du harcèlement. Dans le harcèlement, les violences ou humiliations se répètent et s’installent dans une situation où la victime éprouve des difficultés à se défendre ou à faire cesser ce qui lui arrive.

Les formes peuvent être très visibles : insultes, menaces, coups, bousculades, dégradation ou vol d’affaires.

Mais elles peuvent aussi être beaucoup plus discrètes : moqueries répétées, rumeurs, exclusion volontaire d’un groupe, humiliations, messages malveillants ou diffusion d’images.

Le cyberharcèlement prolonge ces mécanismes sur les messageries, réseaux sociaux, jeux en ligne ou groupes de discussion. Il peut être particulièrement difficile à vivre parce qu’il ne s’arrête pas lorsque l’élève quitte l’établissement et parce qu’un contenu peut être partagé rapidement.

Tous les adolescents ne réagissent pas de la même manière. Certains racontent rapidement les faits ; d’autres ont honte, craignent les représailles, pensent que les adultes ne pourront rien faire ou redoutent qu’on leur retire leur téléphone.

C’est pourquoi les changements de comportement sont importants. Un adolescent auparavant à l’aise peut devenir silencieux, irritable ou anxieux. Il peut dormir moins bien, se plaindre de maux de ventre ou de tête avant l’école, demander à être accompagné, perdre ses affaires, voir ses résultats baisser ou commencer à refuser d’aller en cours. Des réactions inhabituelles lors de la consultation du téléphone peuvent également attirer l’attention.

Aucun de ces signes ne prouve à lui seul qu’il existe un harcèlement. Mais leur apparition ou leur association doit conduire à poser la question.

Lorsque l’adolescent parle, la première étape consiste à écouter les faits et son ressenti sans banaliser. Des phrases comme « ignore-les », « défends-toi » ou « c’est juste une plaisanterie » peuvent renforcer son sentiment d’être seul face à la situation.

Il est ensuite nécessaire d’impliquer les adultes capables d’agir. Le dispositif pHARe est généralisé dans les établissements et prévoit un protocole de prise en charge des situations signalées.

En cas de cyberharcèlement, il peut être utile de conserver des captures d’écran ou d’autres éléments avant leur disparition. Le 3018 peut également aider au signalement et, dans certaines situations, à la prise en charge de contenus numériques.

Enfin, il faut évaluer le retentissement psychologique. Le harcèlement peut s’accompagner d’isolement, de perte d’estime de soi, de décrochage scolaire et, dans les situations les plus graves, de conduites suicidaires.

Que faire concrètement ?

Écouter → protéger → signaler → suivre.

Prévenir l’établissement et s’assurer que la situation est effectivement prise en charge. Pour le harcèlement et les violences numériques, le 3018 est gratuit, anonyme et confidentiel, 7 j/7 de 9 h à 23 h.

En cas de souffrance psychique importante ou d’idées suicidaires, une prise en charge médicale rapide est nécessaire. Le 3114 est le numéro national de prévention du suicide.

Sources