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Cœur & circulation

Hypertension : quand rechercher un hyperaldostéronisme primaire ?

Validée médicalement
Réponse courte

L’hyperaldostéronisme primaire est une cause hormonale d’hypertension, liée à une production excessive d’aldostérone. Le potassium peut être normal. Un dosage de l’aldostérone et de la rénine peut orienter le diagnostic ; le traitement est spécifique. N’arrêtez jamais vos médicaments pour préparer le test sans avis médical.

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Pour mieux comprendre

Pourquoi cette maladie provoque-t-elle une hypertension ?

Les glandes surrénales, situées au-dessus des reins, fabriquent plusieurs hormones, dont l’aldostérone. Celle-ci agit sur les reins : elle favorise la réabsorption du sodium et l’élimination du potassium. Elle contribue ainsi à réguler le volume sanguin et la pression artérielle. Dans l’hyperaldostéronisme primaire, l’aldostérone est produite en excès, indépendamment des besoins de l’organisme. Elle favorise l’hypertension et peut exercer des effets délétères sur le cœur, les vaisseaux et les reins.

Est-ce une maladie rare ?

Non. C’est l’une des causes les plus fréquentes d’hypertension secondaire. Sa fréquence dépend de la population étudiée et des méthodes de diagnostic ; elle est particulièrement importante lorsque l’hypertension résiste aux traitements. Longtemps, on recherchait surtout cette maladie en présence d’une baisse du potassium. Or, de nombreux patients ont une kaliémie normale. Un potassium normal ne permet donc pas d’écarter le diagnostic.

Qui devrait bénéficier d’un dépistage ?

Les recommandations de l’Endocrine Society publiées en 2025 suggèrent d’envisager un dépistage chez toutes les personnes hypertendues. Cette recommandation est conditionnelle : sa mise en œuvre dépend du contexte clinique, des ressources disponibles et de l’accès à une prise en charge adaptée. Une hypertension résistante, une hypokaliémie inexpliquée, une hypertension associée à un nodule surrénalien ou des antécédents familiaux évocateurs renforcent l’intérêt de la recherche. Le médecin évalue individuellement la pertinence des examens.

Comment réalise-t-on le dépistage ?

Le premier examen repose généralement sur des dosages sanguins de l’aldostérone et de la rénine, avec interprétation de leur rapport. Il ne s’agit pas d’un test à interpréter isolément. Le potassium, l’apport en sodium, la position du patient, les conditions de prélèvement et plusieurs médicaments antihypertenseurs peuvent influencer les résultats. Une adaptation thérapeutique est parfois nécessaire avant le prélèvement, mais uniquement sous supervision médicale : interrompre seul un traitement peut être dangereux. Un résultat évocateur peut conduire à des examens complémentaires, selon la probabilité de maladie et la stratégie envisagée.

Quels traitements sont possibles ?

La prise en charge dépend notamment de la production excessive d’aldostérone par une seule glande ou par les deux. Des médicaments antagonistes des récepteurs des minéralocorticoïdes, comme la spironolactone, peuvent bloquer les effets de l’hormone ; ils nécessitent une surveillance du potassium et de la fonction rénale. Dans certaines formes unilatérales, une chirurgie peut être proposée après bilan spécialisé. Elle améliore souvent la pression artérielle, sans garantir à tous les patients l’arrêt complet des traitements.

Pourquoi est-ce important ?

À pression artérielle comparable, l’hyperaldostéronisme primaire est associé à davantage de complications cardiovasculaires, notamment la fibrillation atriale et les accidents vasculaires cérébraux. Reconnaître cette cause permet de cibler le mécanisme hormonal, plutôt que de traiter uniquement les chiffres de tension. L’objectif n’est pas de multiplier les examens sans discernement, mais de ne pas méconnaître une cause potentiellement traitable.

Faut-il consulter un endocrinologue ?

Le médecin traitant peut identifier les situations évocatrices et organiser le premier bilan selon les conditions locales. Si les résultats suggèrent un hyperaldostéronisme, un avis spécialisé permet de préciser le diagnostic et de choisir le traitement. Un bilan normal mais réalisé dans des conditions inadaptées peut nécessiter une nouvelle évaluation. Il n’existe pas de symptôme unique permettant de reconnaître cette maladie à coup sûr.

Point de vigilance

Douleur thoracique, déficit neurologique brutal, essoufflement sévère ou confusion associés à une hypertension : appelez le 15 ou le 112. Une hypertension difficile à contrôler ou un potassium bas nécessite une consultation médicale.

Sources scientifiques

Vérifié le 2026-10-11