Cancer
Ma mammographie montre une anomalie : est-ce forcément un cancer ?
Non. Une mammographie anormale ne signifie pas automatiquement qu’un cancer du sein a été découvert. Une image peut nécessiter des clichés complémentaires, une échographie ou parfois une biopsie avant de pouvoir déterminer précisément sa nature.
Pour mieux comprendre
Une mammographie de dépistage cherche à repérer des anomalies parfois très petites, avant même qu’elles soient perceptibles. Cette sensibilité est précisément l’intérêt du dépistage, mais elle signifie également que certaines images détectées se révéleront finalement bénignes.
Le radiologue peut par exemple observer une masse, une asymétrie entre les deux seins, une modification de l’architecture du tissu mammaire ou des microcalcifications, c’est-à-dire de minuscules dépôts de calcium visibles sur les clichés. Toutes ces images ne correspondent pas à un cancer.
Lorsque quelque chose nécessite d’être mieux compris, le radiologue peut réaliser immédiatement ou secondairement des clichés supplémentaires avec des incidences différentes ou un agrandissement d’une zone. Une échographie mammaire peut compléter l’examen. Elle permet notamment d’étudier certaines masses et de déterminer si elles sont solides ou liquidiennes.
Les radiologues utilisent une classification standardisée de l’ACR, dérivée du système BI-RADS, pour décrire les résultats et orienter la conduite à tenir. Certaines catégories correspondent à un examen normal ou à une anomalie bénigne. D’autres justifient une surveillance ou des examens complémentaires. Lorsqu’une anomalie est suffisamment suspecte, un prélèvement est généralement proposé.
La biopsie mammaire est alors une étape diagnostique importante. Sous guidage échographique, mammographique ou parfois IRM, quelques fragments de la zone concernée sont prélevés puis analysés par un anatomopathologiste. C’est cette analyse du tissu qui permet, lorsqu’un cancer est présent, d’en préciser la nature et certaines caractéristiques biologiques essentielles pour la suite du traitement.
Il existe donc une différence fondamentale entre trois moments : repérer une anomalie, déterminer si elle est suspecte, puis établir éventuellement un diagnostic. Une demande d’examens complémentaires n’est pas synonyme d’annonce de cancer.
Dans le cadre du dépistage organisé français, les mammographies considérées comme normales bénéficient également d’une seconde lecture indépendante, destinée à améliorer la qualité du dépistage.
Point de vigilance
Si le compte rendu demande un examen complémentaire ou une biopsie, il est important de suivre le calendrier proposé. Il est légitime de demander au médecin ou au radiologue ce qui a été observé, la classification de l’anomalie et l’étape suivante.