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Seniors

Peut-on réduire le risque de déclin de la mémoire ?

Réponse courte

On ne peut pas garantir d’éviter un déclin cognitif, mais plusieurs facteurs modifiables peuvent être travaillés ensemble. L’essai randomisé LatAm-FINGERS, publié en 2026 dans The Lancet chez 1 065 adultes de 60 à 77 ans à risque, renforce l’intérêt d’une stratégie multidomaine structurée associant activité physique, alimentation, stimulation cognitive et prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire.

Pour mieux comprendre

Le risque de déclin de la mémoire ne dépend pas d’un seul facteur. L’âge et la génétique jouent un rôle important, mais une partie du risque de déclin cognitif et de démence est associée à des facteurs sur lesquels il est possible d’agir. Cela ne permet jamais de promettre qu’une maladie sera évitée ; l’objectif est de réduire le risque et de préserver au mieux les capacités au cours du vieillissement.

Les facteurs cardiovasculaires sont essentiels. Hypertension, diabète, tabagisme et sédentarité affectent les vaisseaux et sont associés à la santé cérébrale. L’activité physique régulière, le contrôle des maladies cardiovasculaires et l’arrêt du tabac constituent donc des mesures cohérentes pour le cerveau comme pour le cœur. Une alimentation équilibrée de type méditerranéen s’intègre à cette stratégie, sans qu’un aliment particulier soit un traitement préventif.

La correction des troubles auditifs et visuels est également importante. Une mauvaise audition peut entraîner retrait social et effort cognitif accru. Les relations sociales, l’apprentissage, la lecture et les activités intellectuelles contribuent à maintenir une vie cognitive active, mais les mots croisés ou les applications d’entraînement cérébral ne sont pas une assurance contre Alzheimer.

Les grandes études multidomaines sont particulièrement intéressantes parce qu’elles combinent plusieurs leviers. FINGER a montré qu’une intervention associant activité physique, alimentation, entraînement cognitif et prise en charge des facteurs vasculaires pouvait améliorer ou préserver certaines performances chez des personnes à risque. Les résultats plus récents de programmes comme US POINTER et LatAm-FINGERS renforcent l’intérêt scientifique de cette approche globale, tout en rappelant que les populations et les protocoles diffèrent.

Le sommeil, la dépression, l’alcool et la prévention des traumatismes crâniens font également partie des facteurs à considérer. Une bonne prévention consiste donc moins à chercher « le meilleur exercice pour la mémoire » qu’à préserver l’ensemble de la santé.

Enfin, réduire le risque n’est pas traiter un symptôme déjà présent. Une plainte de mémoire progressive, des répétitions fréquentes, une désorientation ou des erreurs dans les activités quotidiennes doivent conduire à une évaluation. Les conseils de prévention restent utiles, mais ils ne remplacent pas la recherche d’une cause lorsqu’un changement cognitif est déjà observé.