Après 60 ans
Mémoire : quels changements doivent faire parler à son médecin ?
Des oublis occasionnels peuvent survenir avec l’âge. Ce qui mérite davantage d’attention est une évolution progressive qui gêne les activités habituelles : se perdre dans un lieu connu, difficultés répétées à gérer des tâches familières ou changement marqué de comportement.
Pour mieux comprendre
Avec l’âge, il est fréquent d’avoir parfois un mot « sur le bout de la langue », d’oublier momentanément où l’on a posé un objet ou d’avoir besoin de davantage de temps pour retrouver une information. Ces oublis isolés ne signifient pas à eux seuls qu’une maladie neurocognitive débute. Ce qui compte surtout est l’évolution dans le temps et le retentissement sur la vie quotidienne.
Une plainte de mémoire mérite davantage d’attention lorsqu’elle devient progressivement plus fréquente, lorsqu’elle est remarquée par l’entourage ou lorsqu’elle gêne des activités auparavant bien maîtrisées : gérer ses rendez-vous, ses médicaments ou ses comptes, préparer un trajet familier, suivre une conversation, utiliser des appareils habituels. Les difficultés peuvent d’ailleurs concerner autre chose que la mémoire : orientation, langage, attention, jugement ou organisation.
De nombreuses situations peuvent perturber les performances cognitives sans correspondre à une maladie d’Alzheimer. Un sommeil insuffisant, une dépression ou une anxiété, une baisse de l’audition ou de la vision, certains médicaments, l’alcool, une maladie aiguë ou certains troubles métaboliques peuvent jouer un rôle. L’évaluation médicale sert donc d’abord à préciser ce qui a changé et à rechercher des causes potentiellement corrigibles.
Le médecin s’intéresse au début des troubles, à leur progression et à leur impact concret. Des tests cognitifs courts peuvent compléter l’entretien. Selon le contexte, une prise de sang, une évaluation de l’audition ou de la vision, une imagerie cérébrale ou un avis spécialisé peuvent être proposés. Un test de mémoire isolé ne suffit pas à poser un diagnostic : il doit être interprété avec l’histoire de la personne, son niveau antérieur et son autonomie.
Il est utile d’en parler tôt lorsque le changement est réel, sans attendre une perte d’autonomie importante. Cela permet de distinguer vieillissement habituel, trouble cognitif léger, maladie neurocognitive ou cause réversible, et d’organiser si nécessaire le suivi. À l’inverse, une confusion apparue brutalement en quelques heures ou quelques jours n’évoque pas un vieillissement normal de la mémoire : chez une personne âgée, elle doit faire rechercher rapidement une cause aiguë.
Point de vigilance
Une confusion brutale n’évoque pas un simple vieillissement et doit être évaluée rapidement.