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Nutrition

Ozempic®, Wegovy®, Mounjaro®… servent-ils seulement à perdre du poids ?

Réponse courte

Non. Les médicaments agissant sur le GLP-1 sont surtout connus du grand public pour leur effet sur le poids, mais leurs bénéfices peuvent aller au-delà. Parmi les noms les plus connus figurent Ozempic® et Wegovy® (sémaglutide), Saxenda® et Victoza® (liraglutide), Trulicity® (dulaglutide). Mounjaro® (tirzépatide) agit à la fois sur les récepteurs du GIP et du GLP-1. Selon la molécule et les patients concernés, ces traitements sont utilisés dans le diabète de type 2 et/ou l’obésité. Des études ont aussi montré, pour certaines molécules et certaines populations, des bénéfices cardiovasculaires et rénaux. D’autres bénéfices sont démontrés ou étudiés, notamment sur l’apnée du sommeil et certaines maladies métaboliques du foie. Cela ne signifie pas qu’ils sont utiles à tout le monde : chaque médicament possède des indications, précautions et effets indésirables spécifiques.

Pour mieux comprendre

Le GLP-1 est une hormone naturellement produite notamment par l’intestin après un repas. Elle participe à la régulation de la glycémie, agit sur la sensation de satiété et ralentit notamment la vidange de l’estomac. Les agonistes du récepteur du GLP-1 reproduisent une partie de ces effets. Initialement développés principalement contre le diabète de type 2, certains ont ensuite montré une efficacité importante sur la perte de poids. C’est ce qui a rendu des noms comme Ozempic®, Wegovy® ou Mounjaro® extrêmement populaires.

Mais la médecine dépasse aujourd’hui la seule question : « Combien de kilos fait-on perdre ? » Dans l’étude SELECT, le sémaglutide 2,4 mg a réduit d’environ 20 % le risque relatif d’événements cardiovasculaires majeurs chez des personnes en surpoids ou obèses ayant déjà une maladie cardiovasculaire mais sans diabète. Chez ces patients précisément sélectionnés, l’intérêt du traitement ne se résume donc pas au chiffre affiché sur la balance.

Certains traitements de cette famille ont également montré un bénéfice rénal, particulièrement chez des patients atteints de diabète de type 2 et de maladie rénale chronique. Le sémaglutide a notamment montré dans l’étude FLOW une réduction du risque d’événements rénaux majeurs chez cette population.

L’apnée obstructive du sommeil est une autre illustration de cette évolution. Chez des personnes souffrant d’obésité et d’apnée du sommeil, le tirzépatide a réduit la sévérité de l’apnée dans les essais SURMOUNT-OSA. Les traitements fondés sur le GLP-1 sont également étudiés ou utilisés, selon les molécules et les indications, dans certaines complications métaboliques associées à l’obésité, notamment hépatiques.

GLP-1 : de quels médicaments parle-t-on ? Sémaglutide : Ozempic® / Wegovy®, agoniste GLP-1. Liraglutide : Victoza® / Saxenda®, agoniste GLP-1. Dulaglutide : Trulicity®, agoniste GLP-1. Tirzépatide : Mounjaro®, double agoniste GIP/GLP-1. Les indications ne sont pas identiques d’un produit à l’autre et peuvent évoluer : un nom commercial ne doit donc pas être assimilé automatiquement à une indication « perte de poids ».

Ces médicaments ne sont ni des compléments alimentaires ni de simples produits amaigrissants. Nausées, vomissements, diarrhées ou constipation sont notamment possibles et il existe des précautions et contre-indications spécifiques selon les molécules. L’arrêt du traitement peut être suivi d’une reprise de poids : l’obésité est une maladie chronique et la stratégie thérapeutique s’envisage dans la durée.

À retenir : Ozempic®, Wegovy®, Mounjaro® et les autres traitements agissant sur le GLP-1 ont changé la prise en charge du diabète et de l’obésité. Leur intérêt médical ne se mesure plus seulement en kilos perdus, mais aussi, chez certains patients et selon la molécule, en bénéfices de santé.

Point de vigilance

Ces médicaments ne sont pas interchangeables et leurs indications diffèrent. Mounjaro® (tirzépatide) n’est pas un agoniste GLP-1 pur mais un double agoniste GIP/GLP-1. Les effets indésirables digestifs sont fréquents, surtout lors de l’augmentation des doses. Un traitement ne doit pas être commencé, modifié ou arrêté sur la seule base d’un objectif de poids sans tenir compte de son indication, de ses contre-indications et du suivi médical.

Sources