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Seniors

Je prends beaucoup de médicaments : faut-il essayer d’en supprimer certains ?

Réponse courte

Parfois oui, mais jamais en arrêtant seul un traitement. La polymédication devient fréquente avec l’âge et augmente le risque d’interactions, d’effets indésirables et d’erreurs de prise. Une revue régulière de l’ordonnance permet de vérifier que chaque médicament reste utile, que sa dose est adaptée et qu’il n’existe pas d’association problématique. Certains traitements peuvent parfois être réduits ou arrêtés progressivement lorsque leur bénéfice est devenu faible par rapport à leurs risques. Les études récentes montrent que les démarches de déprescription réduisent le nombre de médicaments ou de médicaments potentiellement inappropriés, sans démontrer un bénéfice systématique sur tous les événements cliniques : la démarche doit donc rester individualisée et partagée.

Pour mieux comprendre

Avec l’âge et l’accumulation de maladies chroniques, le nombre de médicaments augmente souvent. La polymédication n’est pas forcément une erreur : plusieurs traitements peuvent être nécessaires et utiles. Le problème apparaît lorsque certains médicaments ne sont plus indiqués, que leurs bénéfices deviennent faibles par rapport aux risques, qu’ils font doublon ou que leur association augmente les effets indésirables.

Une « déprescription » ne consiste donc pas à supprimer des médicaments pour atteindre arbitrairement un nombre plus faible. C’est une réévaluation structurée : pourquoi ce médicament a-t-il été commencé ? L’indication existe-t-elle toujours ? Apporte-t-il encore un bénéfice pertinent pour cette personne ? La dose est-elle adaptée à l’âge et à la fonction rénale ? Existe-t-il des interactions ou des effets indésirables ? Les objectifs de soins ont-ils changé ?

Certains symptômes peuvent être liés aux traitements : vertiges, hypotension, somnolence, confusion, constipation, troubles de l’équilibre ou chutes. Mais il est souvent difficile de savoir quel médicament est responsable. Une revue globale, incluant médicaments prescrits, automédication et compléments, est donc plus utile qu’un arrêt improvisé d’un produit isolé.

Tous les traitements ne peuvent pas être arrêtés brutalement. Certains nécessitent une diminution progressive ou une surveillance spécifique. D’autres restent essentiels même si la personne ne ressent aucun symptôme, par exemple pour prévenir une complication cardiovasculaire. La balance bénéfice-risque dépend aussi du contexte : autonomie, fragilité, espérance de vie, priorités de la personne et objectifs thérapeutiques.

La revue des traitements peut être réalisée avec le médecin et le pharmacien, notamment après une hospitalisation, une chute, l’apparition d’un nouvel effet indésirable ou lorsqu’une ordonnance devient très complexe. Lorsqu’un médicament est arrêté ou réduit, il est utile de définir ce que l’on surveille et dans quel délai on réévalue la décision.

Le bon message n’est donc ni « plus on vieillit, moins il faut de médicaments » ni « une ordonnance ancienne ne doit jamais changer ». Une polymédication mérite d’être revue régulièrement, mais jamais par arrêt autonome. Apporter la liste complète des traitements, y compris ceux pris sans ordonnance, aide à faire ce travail de façon sûre.

Point de vigilance

Chute, confusion, somnolence, hypotension, perte d’appétit ou nouveau symptôme après une modification de traitement doivent faire rechercher un éventuel effet médicamenteux.

Sources