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Ados

Réseaux sociaux : quels effets sur les adolescents ?

Réponse courte

Les réseaux sociaux ne sont ni systématiquement nocifs ni sans risque.

Ils peuvent permettre de communiquer, de trouver du soutien, de partager des centres d’intérêt ou de maintenir des liens. Mais certains usages peuvent aussi favoriser comparaison sociale, perturbation du sommeil, exposition à des contenus problématiques, cyberharcèlement ou usage difficile à contrôler.

L’effet dépend donc beaucoup de l’adolescent, des contenus, de la manière dont les réseaux sont utilisés et de la place qu’ils prennent dans sa vie.

Pour mieux comprendre

Pour beaucoup d’adolescents, les réseaux sociaux sont devenus un véritable espace de vie sociale. Ils y discutent avec leurs amis, découvrent de nouveaux centres d’intérêt, partagent des expériences et construisent une partie de leur identité.

Il serait donc réducteur de présenter toute utilisation comme pathologique.

Mais les réseaux possèdent aussi des caractéristiques particulières : contenus disponibles en permanence, notifications, recommandations automatisées, mesure visible de la popularité, comparaison avec les autres et possibilité d’être sollicité à toute heure.

L’un des premiers effets possibles concerne le sommeil. Le téléphone accompagne souvent l’adolescent jusque dans sa chambre. Un message, une vidéo ou une notification peuvent repousser le moment où l’on décide réellement de dormir. Or le manque de sommeil a lui-même des conséquences sur l’attention, l’humeur et la santé psychique.

La comparaison sociale constitue un autre mécanisme important. Les réseaux montrent souvent une version sélectionnée ou mise en scène de la vie des autres : apparence, sorties, résultats, relations ou popularité. Chez certains adolescents, cette exposition peut renforcer l’insatisfaction corporelle ou le sentiment de ne pas être à la hauteur.

Les contenus rencontrés comptent également. Un adolescent peut être exposé à des images violentes, des contenus sexualisés, des discours haineux, des informations trompeuses ou des contenus faisant la promotion de comportements dangereux.

Et contrairement à une difficulté survenant uniquement dans la cour du collège, le cyberharcèlement peut poursuivre l’adolescent en dehors de l’établissement et de ses horaires. Messages, groupes de discussion, photographies ou publications peuvent être diffusés rapidement et toucher un grand nombre de personnes. Le ministère de l’Éducation nationale intègre pleinement ces violences numériques dans son dispositif de lutte contre le harcèlement.

Cela ne signifie cependant pas que toute utilisation intensive entraîne automatiquement anxiété ou dépression. La relation est plus complexe : un adolescent déjà isolé ou en difficulté psychologique peut également se tourner davantage vers les réseaux. Association ne signifie donc pas toujours causalité simple.

Pour les parents, l’objectif n’est pas nécessairement de surveiller chaque conversation. Il est surtout important de maintenir suffisamment de dialogue pour que l’adolescent puisse signaler une situation qui lui échappe : humiliation, menace, diffusion d’une image, sollicitation sexuelle ou impossibilité de décrocher.

Quels signes doivent faire réagir ?

Un changement brutal d’humeur après l’utilisation du téléphone, un isolement inhabituel, des troubles importants du sommeil, une chute scolaire, une perte d’intérêt pour les autres activités ou une réaction de peur face aux notifications doivent conduire à ouvrir le dialogue.

En cas de cyberharcèlement, le 3018 peut accompagner les jeunes, parents et professionnels.

Sources