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Smartphone chez l’adolescent : augmente-t-il le risque de troubles alimentaires ?
Une étude longitudinale récente observe une association entre la possession d’un smartphone au début de l’adolescence et davantage de symptômes de troubles alimentaires deux ans plus tard. Cela ne prouve pas que le smartphone en soit la cause. L’usage réel, les réseaux sociaux, l’image corporelle et de nombreux facteurs personnels ou familiaux peuvent intervenir.
Pour mieux comprendre
Le smartphone fait désormais partie du quotidien de nombreux adolescents. Les interrogations sur ses effets ne concernent plus seulement le sommeil ou le temps passé devant un écran : les chercheurs étudient également ses liens possibles avec l’image corporelle et les comportements alimentaires.
Une étude publiée en 2026 à partir de la cohorte américaine ABCD a suivi 8 957 jeunes. À 12 ans, 6 225, soit 69,5 %, possédaient leur propre smartphone. Les chercheurs ont étudié plusieurs symptômes à 12 puis à 14 ans : épisodes d’hyperphagie, comportements compensatoires visant à éviter une prise de poids, inquiétude concernant le poids et estime de soi fortement dépendante du poids.
Après prise en compte de plusieurs caractéristiques des participants, la possession d’un smartphone à 12 ans était associée à une fréquence plus élevée de certains de ces symptômes. L’intérêt de cette étude tient notamment à son suivi longitudinal : l’exposition est évaluée avant les symptômes observés deux ans plus tard.
Mais une association n’est pas une preuve de causalité. Les adolescents qui possèdent plus tôt un smartphone peuvent différer des autres sur de nombreux aspects. L’étude ne permet pas non plus de réduire la question au seul appareil : les réseaux sociaux utilisés, les contenus visionnés, les interactions entre pairs, l’exposition à des idéaux corporels et les vulnérabilités psychologiques peuvent jouer un rôle.
Pour les familles, le message n’est donc pas qu’un téléphone provoquerait mécaniquement un trouble alimentaire. Il est plus utile de s’intéresser à l’ensemble de l’environnement numérique : âge d’accès au smartphone, applications utilisées, contenus recommandés, comparaison sociale et retentissement sur le sommeil, l’humeur ou l’alimentation.
Des changements alimentaires importants, une préoccupation envahissante pour le poids, des épisodes de perte de contrôle alimentaire, des vomissements provoqués ou d’autres comportements compensatoires méritent d’être abordés avec un professionnel de santé, indépendamment de l’usage du smartphone.
Point de vigilance
Amaigrissement important ou rapide, malaises, vomissements provoqués répétés, restriction alimentaire majeure ou souffrance psychologique importante nécessitent un avis médical rapide.