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Écrans et réseaux sociaux : combien de temps par jour ?

Réponse courte

Chez l’adolescent, il n’existe pas un nombre universel de minutes d’écran qui séparerait automatiquement un usage sain d’un usage dangereux.

La durée compte, mais il faut surtout regarder ce que les écrans remplacent : sommeil, activité physique, travail scolaire, repas, relations familiales et sociales.

Un écran utilisé deux heures pour travailler n’a pas non plus le même sens que deux heures passées à faire défiler des contenus jusque tard dans la nuit.

Pour mieux comprendre

Les écrans font désormais partie de la vie quotidienne des adolescents : téléphone, ordinateur, télévision, console, vidéos, devoirs, réseaux sociaux ou conversations avec les amis.

Vouloir évaluer leur usage uniquement avec un chronomètre est donc rapidement insuffisant.

La première distinction utile est celle entre usage et mésusage. Les écrans peuvent servir à apprendre, créer, communiquer, se divertir ou maintenir des relations. Le problème apparaît surtout lorsque leur utilisation devient excessive ou inadaptée et commence à prendre la place d’activités essentielles. L’Assurance Maladie insiste elle-même sur cette distinction entre présence des écrans et usage excessif ou mésusage.

Le sommeil est probablement l’un des meilleurs indicateurs. Un adolescent qui reste sur son téléphone tard dans la nuit raccourcit mécaniquement son temps de sommeil. Les contenus stimulants, les notifications et l’exposition lumineuse peuvent également retarder l’endormissement. L’usage des smartphones, jeux vidéo et autres écrans est associé chez les adolescents à des difficultés d’endormissement et à un sommeil de moins bonne qualité.

Il faut également regarder l’activité physique. Plusieurs heures assis devant un écran peuvent contribuer à augmenter la sédentarité si elles remplacent les déplacements, le sport ou les activités extérieures.

Les conséquences peuvent aussi être plus immédiates : fatigue visuelle, douleurs cervicales ou dorsales, mauvaises postures, grignotage ou difficulté à interrompre une activité numérique.

Mais tous les usages ne sont pas équivalents. Faire ses devoirs sur un ordinateur, discuter avec un ami, regarder un film en famille et passer plusieurs heures à faire défiler compulsivement des vidéos courtes sont quatre expériences différentes.

C’est pourquoi une règle familiale peut être plus utile lorsqu’elle porte sur les moments protégés plutôt que sur un chiffre isolé : pas de téléphone pendant certains repas, préservation du temps de sommeil, interruption des écrans avant le coucher, temps pour l’activité physique et possibilité de passer des moments sans connexion.

Il est également important que les règles soient compréhensibles. Chez un adolescent, une interdiction uniquement fondée sur « c’est mauvais pour toi » risque d’être moins efficace qu’une discussion concrète sur le sommeil, la concentration, les notifications ou ce que l’écran empêche de faire.

Comment savoir si cela devient trop ?

La question utile est : l’écran commence-t-il à désorganiser la vie de l’adolescent ?

Sommeil sacrifié, abandon d’activités, conflits permanents autour du téléphone, baisse scolaire importante ou impossibilité répétée de contrôler son utilisation sont plus informatifs qu’un nombre de minutes considéré isolément.

Sources