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Enfants & parents

Mon enfant parle peu : quand faut-il s’inquiéter ?

Réponse courte

Les enfants n’apprennent pas tous à parler exactement au même rythme. Un décalage de quelques mois ne signifie donc pas forcément qu’il existe un trouble du langage. Certains signes doivent cependant attirer l’attention : pas de mots vers 18 mois, pas d’association de deux mots vers 2 ans, difficultés à comprendre des consignes simples, langage très difficile à comprendre après 3 ans, ou perte de mots déjà acquis. Un retard de langage peut être isolé, mais il peut aussi être associé à un problème d’audition ou s’inscrire dans un développement plus global. En cas de doute, mieux vaut en parler au médecin qui suit l’enfant plutôt que simplement attendre.

Pour mieux comprendre

Le langage se construit progressivement. Bien avant les premiers mots, le bébé communique déjà par le regard, les sons, le babillage, les gestes puis le pointage.

Il existe des variations importantes d’un enfant à l’autre. Il ne faut donc pas juger le développement du langage uniquement sur un nombre précis de mots à un âge donné. La progression, la compréhension et la manière dont l’enfant communique avec son entourage sont tout aussi importantes.

Certains repères permettent néanmoins de détecter plus tôt une difficulté. Vers 18 mois, l’absence de mots, de babillage ou de gestes de communication comme le pointage mérite d’être signalée. Autour de 2 ans, l’enfant commence habituellement à associer des mots. Une absence d’association de deux mots, une compréhension difficile de demandes simples ou une communication très limitée doivent conduire à en parler lors du suivi médical.

Entre 2 et 3 ans, le langage s’enrichit rapidement. Un enfant dont le langage reste très limité ou difficilement compréhensible, ou qui comprend mal ce qu’on lui demande, mérite une évaluation. Après 3 ans, la persistance d’un langage très pauvre ou uniquement compris par l’entourage proche doit également attirer l’attention. À partir de 4 ans, des phrases restant très courtes ou mal construites, un vocabulaire très limité, des difficultés importantes à raconter quelque chose ou une parole peu compréhensible peuvent justifier un bilan.

Une régression du langage, c’est-à-dire un enfant qui perd des mots ou des capacités de communication qu’il possédait auparavant, doit toujours être prise au sérieux.

Toutes les difficultés de langage ne correspondent pas au même problème. Certains enfants ont principalement du mal à prononcer certains sons. D’autres parlent plus tard, bégaient ou présentent des difficultés plus persistantes à comprendre ou à utiliser le langage. On parle notamment de trouble développemental du langage (TDL) lorsque les difficultés du langage sont durables et ont un retentissement important. Le terme « dysphasie » était auparavant couramment utilisé.

Il est aussi essentiel de vérifier l’audition. Une baisse auditive peut gêner l’apprentissage du langage sans être immédiatement évidente pour les parents.

Le médecin cherche également à savoir si la difficulté de langage est isolée ou associée à d’autres particularités du développement : difficultés dans les interactions, absence ou rareté du pointage, faible réponse au prénom, difficultés motrices ou retard dans d’autres acquisitions. Un retard de langage isolé ne permet donc pas, à lui seul, de conclure à un diagnostic particulier.

Selon la situation, une évaluation orthophonique, un bilan auditif ou d’autres examens peuvent être proposés. La Haute Autorité de Santé recommande une organisation progressive du parcours selon la nature et l’importance des difficultés observées.

Le langage fait aussi partie du suivi médical régulier de l’enfant et des examens prévus dans le carnet de santé. Des actions de dépistage du langage et de la communication sont également proposées en maternelle dans le cadre du dispositif mis en place par l’Assurance Maladie et l’Éducation nationale.

À retenir

Parler plus tard que les autres ne signifie pas automatiquement avoir un trouble du langage. Il faut néanmoins être attentif notamment à l’absence de mots vers 18 mois, à l’absence d’association de deux mots autour de 2 ans, à des difficultés importantes de compréhension, à un langage qui reste très limité ou difficilement compréhensible après 3 ans, à une difficulté persistante à communiquer, ou à la perte de mots ou de capacités déjà acquises. Un problème d’audition doit également être recherché lorsqu’un enfant présente un retard de langage. En cas de doute, en parler au médecin qui suit l’enfant permet d’évaluer l’ensemble de son développement et, si nécessaire, d’organiser plus tôt un bilan ou un accompagnement.

Sources