Cœur & circulation
Faire baisser sa tension peut-il réduire le risque de démence ?
Oui, probablement. L’hypertension artérielle est l’un des facteurs modifiables associés au risque de déclin cognitif et de démence. Une grande étude présentée au congrès européen de cardiologie 2026 apporte un argument supplémentaire : chez près de 34 000 personnes hypertendues, une stratégie intensive de contrôle de la tension a été associée à 15 % de risque de démence en moins après sept ans par rapport aux soins habituels. Cela ne signifie pas qu’il faut chercher la tension la plus basse possible : l’objectif tensionnel doit rester adapté à chaque personne, notamment avec l’âge, les traitements et le risque de chute ou d’hypotension.
Pour mieux comprendre
On connaît depuis longtemps le lien entre hypertension et maladies cardiovasculaires. Mais une pression artérielle trop élevée pendant des années peut également affecter les petits vaisseaux du cerveau et participer aux mécanismes favorisant le déclin cognitif.
La question importante est donc : traiter efficacement l’hypertension permet-il réellement de diminuer le risque de démence ? De nouvelles données présentées à l’ESC Congress 2026 vont dans ce sens.
Le China Rural Hypertension Control Program (CRHCP) a suivi 33 995 personnes hypertendues, âgées en moyenne de 63 ans, réparties dans 326 villages chinois. Dans le groupe bénéficiant de l’intervention intensive, les traitements antihypertenseurs étaient adaptés selon un protocole structuré avec un objectif inférieur à 130/80 mmHg.
Après quatre années d’intervention puis trois années supplémentaires d’observation, la baisse de pression artérielle systolique était beaucoup plus importante dans le groupe intervention : –17,6 mmHg contre –2,4 mmHg avec les soins habituels.
Surtout, après sept ans, une démence avait été diagnostiquée chez 8,85 % des participants du groupe intervention contre 10,55 % dans le groupe soins habituels. Cela correspond à une diminution relative du risque d’environ 15 %. Le risque de troubles cognitifs sans démence était également réduit.
Ces résultats renforcent une idée importante : prendre soin de ses artères, c’est aussi prendre soin de son cerveau. Mais l’étude a évalué une stratégie organisée de prise en charge de personnes hypertendues dans une population chinoise particulière. Elle ne démontre pas qu’il faudrait appliquer exactement le même objectif tensionnel à tout le monde.
Chez certaines personnes, notamment les plus âgées ou fragiles, une baisse excessive de la tension peut favoriser vertiges, malaises ou chutes. L’objectif doit donc être individualisé. Contrôler correctement une hypertension ne sert pas seulement à réduire le risque d’AVC, d’infarctus ou d’insuffisance cardiaque : cela pourrait aussi contribuer à préserver la santé cognitive à long terme.
Point de vigilance
Une tension bien contrôlée pourrait aussi contribuer à protéger le cerveau à long terme. Mais il ne faut pas chercher à abaisser sa tension au maximum ni modifier seul son traitement : les objectifs doivent être adaptés à l’âge, au contexte médical, aux traitements et à la tolérance, notamment en cas de vertiges, malaises ou chutes.