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Cœur & circulation

Insuffisance cardiaque : faut-il vraiment manger sans sel et limiter les boissons ?

Réponse courte

Pas systématiquement. Lorsqu’on a une insuffisance cardiaque, il est raisonnable d’éviter une consommation excessive de sel, mais un régime extrêmement pauvre en sel n’est pas recommandé à tout le monde. De même, limiter fortement les boissons n’est pas une règle universelle : une restriction hydrique peut être proposée dans certaines situations particulières.

Pour mieux comprendre

Le sodium joue un rôle important dans l’équilibre de l’eau. L’insuffisance cardiaque peut favoriser une rétention de sodium et d’eau susceptible de contribuer aux œdèmes et à l’essoufflement. Cela explique pourquoi la réduction du sel fait depuis longtemps partie des conseils donnés. Mais les recommandations ont évolué : les données ne démontrent pas qu’une restriction très sévère soit bénéfique pour tous. Le consensus de la Heart Failure Association de l’ESC recommande surtout d’éviter les apports excessifs et rappelle que les restrictions très strictes ne sont pas systématiquement utiles. Une grande partie du sel vient des aliments transformés. Les substituts de sel peuvent contenir beaucoup de potassium, alors que plusieurs médicaments de l’insuffisance cardiaque peuvent augmenter le potassium sanguin. Pour les boissons, une personne stable n’a pas automatiquement besoin de boire très peu. Une restriction de l’ordre de 1,5 à 2 litres par jour peut être envisagée chez certains patients sélectionnés, notamment dans certaines insuffisances cardiaques sévères ou en présence d’une hyponatrémie. Les besoins peuvent aussi évoluer avec la chaleur, la fièvre ou des pertes digestives.

Point de vigilance

Le message n’est ni « zéro sel » ni « boire le moins possible ». Éviter les excès et suivre les recommandations adaptées à sa situation. Une restriction très importante de sel ou de boissons ne doit pas être entreprise de sa propre initiative.

Sources