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Seniors

Peut-on réduire son risque d’Alzheimer en bougeant davantage ?

Réponse courte

Oui, l’activité physique régulière fait partie des comportements associés à un risque plus faible de démence, mais elle ne constitue pas une protection garantie contre la maladie d’Alzheimer. Une grande méta-analyse publiée en 2026 retrouve environ 20 % de risque de démence en moins chez les personnes ayant les niveaux d’activité physique les plus élevés, mais ces données sont principalement observationnelles. Les recommandations actuelles privilégient donc une approche globale : bouger régulièrement, mais aussi contrôler la tension artérielle, le diabète et le cholestérol, ne pas fumer, préserver l’audition, maintenir une alimentation équilibrée ainsi que des activités cognitives et sociales.

Pour mieux comprendre

L’idée que l’activité physique puisse protéger le cerveau ne repose plus sur une seule étude. En septembre 2026, une revue systématique et méta-analyse publiée dans The Lancet Public Health a regroupé 74 études portant sur plus de 4,2 millions de personnes, suivies pendant une durée médiane de dix ans. Les personnes ayant les niveaux d’activité physique les plus élevés présentaient globalement un risque de démence toutes causes environ 20 % plus faible et un risque de maladie d’Alzheimer environ 21 % plus faible que les moins actives.

Ces chiffres sont intéressants, mais ils doivent être interprétés avec prudence. La plupart des études sont observationnelles : elles montrent une association et ne permettent pas, à elles seules, de prouver que l’activité physique est directement responsable de la diminution du risque. Les personnes actives peuvent aussi avoir une meilleure santé générale, une alimentation différente ou davantage de relations sociales. À l’inverse, une maladie cérébrale débutante peut réduire progressivement l’activité physique plusieurs années avant que la démence ne soit diagnostiquée. Les auteurs de la méta-analyse évaluent d’ailleurs le niveau de certitude des preuves comme faible à très faible selon les domaines d’activité.

Un résultat particulièrement intéressant est que toutes les formes d’activité physique ne donnent pas les mêmes associations. Dans cette analyse, l’activité pratiquée pendant les loisirs était associée à un risque plus faible de démence. Les résultats concernant l’activité professionnelle ou les déplacements étaient différents et beaucoup plus difficiles à interpréter. Il serait donc excessif de conclure que « plus on bouge, quelle que soit la façon, mieux on est protégé ». Ce travail suggère plutôt que la nature et le contexte de l’activité comptent et devront être mieux étudiés.

D’autres données renforcent néanmoins l’intérêt de rester actif. Une méta-analyse récente de cohortes prospectives portant sur près de 2,9 millions de personnes retrouvait également un risque de démence plus faible chez les personnes régulièrement actives. Une grande étude prospective américaine publiée en 2026, reposant sur plusieurs décennies de suivi de l’activité physique, apporte aussi des données sur les liens entre activité au long cours et santé cognitive.

Surtout, les essais d’intervention permettent de dépasser partiellement les simples associations. Dans l’essai randomisé US POINTER, publié dans le JAMA, 2 111 adultes de 60 à 79 ans présentant un risque accru de déclin cognitif ont suivi pendant deux ans deux programmes associant activité physique, alimentation, stimulation cognitive, engagement social et surveillance de la santé cardiovasculaire. La cognition globale s’est améliorée dans les deux groupes, avec une amélioration légèrement supérieure dans le programme le plus structuré. Cela ne prouve pas que l’exercice seul prévient Alzheimer : cela soutient plutôt une stratégie multidomaine.

C’est également le message des recommandations 2026 de l’Organisation mondiale de la Santé et de la Lancet Commission sur la démence. L’activité physique fait partie des leviers modifiables, aux côtés notamment du tabac, de l’alcool, de l’hypertension, du diabète, du cholestérol, de l’audition, de l’alimentation, des activités cognitives et sociales et de certains facteurs environnementaux. L’OMS souligne qu’une part importante du risque de démence est liée à des facteurs potentiellement modifiables, sans signifier pour autant que chaque démence pourrait être évitée.

Le message pratique est donc moins spectaculaire qu’une promesse « anti-Alzheimer », mais plus solide : rester physiquement actif au cours de la vie fait partie d’une stratégie favorable à la santé cérébrale. Il n’existe en revanche ni nombre magique de pas, ni sport précis, ni intensité unique dont on puisse affirmer qu’ils empêchent la maladie d’Alzheimer. Le bénéfice attendu s’inscrit dans une prévention globale et durable.

Point de vigilance

Bouger régulièrement est favorable à la santé générale et fait partie des stratégies recommandées pour réduire le risque de déclin cognitif et de démence, mais aucune activité physique ne garantit d’éviter Alzheimer. Une plainte de mémoire nouvelle, progressive ou ayant un retentissement sur la vie quotidienne mérite une évaluation médicale plutôt que d’être attribuée simplement à l’âge.

Sources