Seniors
Peut-on prévenir le déclin cognitif en vieillissant ?
On ne peut pas empêcher tout vieillissement de la mémoire ni prévenir toutes les démences. En revanche, agir sur plusieurs facteurs de santé au cours de la vie peut réduire le risque de déclin cognitif et contribuer à préserver les capacités cérébrales. Les données actuelles soutiennent surtout une approche globale : rester physiquement actif, contrôler l’hypertension, le diabète et les autres facteurs de risque cardiovasculaire, ne pas fumer, limiter l’excès d’alcool, préserver l’audition et la vision, maintenir des activités intellectuelles et des relations sociales, avoir une alimentation équilibrée et prendre en charge une dépression lorsqu’elle existe. Les essais FINGER puis US POINTER soutiennent l’intérêt d’interventions multidomaines plutôt que d’un exercice ou d’un aliment isolé.
Pour mieux comprendre
On ne peut pas garantir qu’une personne évitera toute maladie neurocognitive. Le risque dépend de l’âge, de facteurs génétiques et de nombreux éléments de santé accumulés au cours de la vie. En revanche, les données actuelles montrent qu’une partie du risque est associée à des facteurs modifiables. La prévention repose donc surtout sur une approche globale, et non sur un aliment, un complément ou un exercice cérébral miracle.
La santé cardiovasculaire et la santé cérébrale sont étroitement liées. Contrôler l’hypertension, le diabète et les autres facteurs de risque vasculaire, ne pas fumer et rester physiquement actif participent à la prévention. L’activité physique a aussi des bénéfices directs sur la mobilité, le sommeil, l’humeur et l’autonomie. Il n’est pas nécessaire de devenir sportif : la régularité et l’adaptation aux capacités comptent davantage qu’une performance ponctuelle.
L’audition et la vision sont également importantes. Une baisse sensorielle non corrigée peut réduire les interactions sociales et augmenter l’effort nécessaire pour comprendre son environnement. Préserver les relations sociales, continuer à apprendre, lire, jouer, pratiquer des activités culturelles ou associatives contribue à maintenir une stimulation cognitive. Aucun jeu isolé ne garantit cependant de prévenir une démence.
Les essais multidomaines tels que FINGER et, plus récemment, US POINTER ont renforcé l’idée qu’une combinaison d’interventions sur l’activité physique, les facteurs cardiovasculaires, l’alimentation, la stimulation cognitive et les habitudes de vie est plus pertinente qu’une stratégie unique. Ces résultats ne signifient pas que la démence devient évitable chez chacun ; ils soutiennent une réduction du risque à l’échelle individuelle et collective.
Le sommeil, la dépression, la consommation d’alcool et la prévention des traumatismes crâniens font également partie des éléments à prendre en compte. Une alimentation équilibrée de type méditerranéen est cohérente avec la prévention cardiovasculaire générale, mais aucun aliment n’a démontré qu’il empêchait à lui seul Alzheimer.
Enfin, prévention et diagnostic sont deux sujets différents. Une plainte de mémoire progressive ou un retentissement sur les activités quotidiennes ne doit pas être traité uniquement par des conseils d’hygiène de vie. Il faut alors évaluer les symptômes et rechercher des causes. La prévention cognitive consiste donc à agir sur plusieurs facteurs tout au long de la vie, sans promettre l’impossible et sans retarder l’évaluation lorsqu’un changement cognitif apparaît.
Point de vigilance
Lire, apprendre, jouer ou faire des mots croisés peuvent participer à la stimulation cognitive, mais aucun exercice cérébral isolé ne garantit la prévention d’une démence. Une plainte de mémoire nouvelle, progressive ou ayant un retentissement sur la vie quotidienne mérite d’être évaluée plutôt que simplement attribuée à l’âge.