Après 60 ans
Après 60 ans, faut-il faire tester son audition ?
Oui, le repérage d’une baisse auditive devient particulièrement utile avec l’âge car la presbyacousie s’installe souvent progressivement. L’Assurance Maladie propose notamment le questionnaire HHIE-S de dépistage de la presbyacousie à partir de 60 ans. Des essais récents, dont ACHIEVE, suggèrent qu’une prise en charge auditive peut aussi avoir un intérêt cognitif dans certains groupes à risque, mais ces données ne permettent pas d’affirmer qu’un appareil auditif prévient à lui seul la maladie d’Alzheimer.
Pour mieux comprendre
La baisse auditive liée à l’âge, appelée presbyacousie, s’installe souvent progressivement. On peut ne pas s’en rendre compte au début, car le cerveau compense et l’entourage s’adapte. Les premiers signes sont souvent une difficulté à comprendre les conversations dans le bruit, l’impression que les autres articulent mal, le besoin d’augmenter le volume de la télévision ou la difficulté à suivre plusieurs interlocuteurs.
Repérer cette baisse est utile parce qu’elle peut avoir des conséquences qui dépassent l’oreille. Une audition insuffisante complique les échanges, favorise l’isolement et peut augmenter la fatigue liée à l’effort de compréhension. Les troubles auditifs font aussi partie des facteurs associés au risque de déclin cognitif dans les grandes synthèses sur la prévention des démences. Cela ne signifie pas qu’une baisse d’audition provoque à elle seule une maladie d’Alzheimer, ni qu’un appareil auditif garantit de la prévenir.
Le dépistage peut commencer par des questions simples sur la gêne ressentie et par des tests auditifs. Lorsque la baisse est suspectée, un bilan permet de préciser son type et son importance. Il faut également vérifier qu’une cause plus simple, comme un bouchon de cérumen, n’explique pas les symptômes. Une perte auditive asymétrique, brutale ou accompagnée d’autres signes ne relève pas du simple vieillissement.
Lorsque l’indication est posée, l’appareillage auditif peut améliorer la compréhension et la communication. L’adaptation demande parfois du temps : porter les appareils régulièrement, les régler et apprendre à réentendre certains sons font partie du processus. D’autres mesures sont utiles : réduire le bruit ambiant pendant les conversations, se placer face à son interlocuteur et associer les proches à la démarche.
En France, le repérage de l’audition fait partie des sujets de prévention à aborder avec l’avancée en âge. Il n’est donc pas nécessaire d’attendre une surdité importante pour en parler. Une gêne dans les conversations, des demandes fréquentes de répétition ou un retrait progressif des situations sociales constituent déjà de bonnes raisons de tester l’audition.
Une baisse brutale d’une oreille, des vertiges importants ou des symptômes neurologiques associés nécessitent en revanche une évaluation rapide. Le dépistage de la presbyacousie concerne une évolution lente ; il ne doit pas retarder la prise en charge d’un symptôme aigu.
Point de vigilance
Une baisse brutale de l’audition, surtout d’un seul côté, nécessite une évaluation médicale rapide. Des vertiges importants ou d’autres signes neurologiques associés doivent également alerter.