Seniors
Une personne âgée devient soudainement confuse : est-ce Alzheimer ?
Pas forcément, et surtout une confusion apparue en quelques heures ou quelques jours n’est pas l’évolution habituelle d’une maladie d’Alzheimer. Une modification brutale de l’attention, du comportement ou de l’orientation peut correspondre à un syndrome confusionnel aigu, ou delirium. Chez une personne âgée, il peut être déclenché notamment par une infection, une déshydratation, un médicament, une douleur, une rétention urinaire, une constipation importante ou un trouble métabolique. Il faut rechercher rapidement la cause plutôt que traiter uniquement l’agitation.
Pour mieux comprendre
Une confusion qui apparaît en quelques heures ou quelques jours n’est pas l’évolution habituelle d’une maladie d’Alzheimer. Chez une personne âgée, un changement brutal de l’attention, de l’orientation ou du comportement évoque d’abord un syndrome confusionnel aigu, aussi appelé delirium. C’est un signal clinique qui doit faire rechercher une cause.
Le tableau peut être spectaculaire avec agitation, propos incohérents ou hallucinations, mais il peut aussi être discret : personne inhabituellement somnolente, ralentie, moins attentive ou qui « décroche » pendant la conversation. Les symptômes peuvent fluctuer au cours de la journée, avec des moments où la personne paraît presque revenue à son état habituel. Cette fluctuation est caractéristique.
Les causes sont nombreuses et souvent associées : infection, déshydratation, douleur, constipation importante, rétention urinaire, trouble métabolique, manque d’oxygène, médicament récemment introduit ou modifié, sevrage de certaines substances, intervention chirurgicale ou changement brutal d’environnement. Une maladie neurocognitive préexistante augmente le risque de delirium, mais cela ne signifie pas que tout changement est simplement lié à la démence connue.
L’évaluation cherche d’abord ce qui a changé par rapport à l’état habituel. Le témoignage de l’entourage est donc précieux. L’examen clinique, la revue des médicaments et des examens ciblés permettent ensuite de rechercher le facteur déclenchant. Traiter uniquement l’agitation sans rechercher sa cause risque de masquer le problème. Les mesures non médicamenteuses sont également importantes : environnement calme, repères jour-nuit, lunettes et appareils auditifs disponibles, hydratation, mobilisation et présence rassurante lorsque c’est possible.
La confusion peut persister quelque temps même après le traitement de la cause, surtout chez les personnes fragiles. Elle augmente le risque de chute, de perte d’autonomie et d’hospitalisation prolongée. C’est pourquoi elle mérite d’être reconnue rapidement.
Une confusion nouvelle doit être évaluée rapidement, en particulier lorsqu’elle s’accompagne de fièvre, difficulté respiratoire, chute, somnolence inhabituelle, déficit neurologique ou altération importante de l’état général. Une maladie d’Alzheimer évolue habituellement de façon progressive sur des mois ou des années ; un changement aigu impose donc de chercher autre chose avant de l’attribuer au vieillissement ou à une démence.
Point de vigilance
Une confusion nouvelle chez une personne âgée mérite une évaluation médicale rapide, particulièrement lorsqu’elle s’accompagne de fièvre, chute, somnolence inhabituelle, déficit neurologique, difficulté respiratoire ou altération importante de l’état général.